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27 juil. 2017

L'intelligence artificielle est-elle éthique ?




Un mouvement très vaste et mondial s'appuyant sur des études scientifiques démontrent que l'animal a une conscience, une sensibilité et des émotions comme toute personne. Ce mouvement ne cesse de prendre une ampleur phénoménale. Je n'en reste pas moins humaniste. L'époque évolue.

L'époque évolue, je le répète

Parfois peut-être pour le pire, cf l'intelligence artificielle appelée IA, qui selon un éminent dirigeant de la Silicon Valley, Elon Musk, dépassera d'ici 13 à 23 ans toutes les intelligences humaines, ce qui signifie que nous serons à sa merci et que même ses créateurs ne pourront pas la contrôler ou inverser ses décisions si cette IA s'en prend à l'humanité, aucune paranoïa ici, de nombreux d'experts sont très inquiets partout sur le globe.


L'intelligence artificielle a-t-elle sa propre conscience ? L'aura-t-elle un jour ? D'ici 10 à 20 ans, certains en sont persuadés et tirent la sonnette d'alarme afin que les recherches stoppent pour préserver l'Humanité de l'irréversible.

D'ailleurs, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, et Elon Musk se sont livrés tout récemment à un débat très tranché sur cette question. Pour en savoir davantage, lisez Faut-il craindre l'intelligence artificielle ? Un vif débat oppose Elon Musk à Mark Zuckerberg 

Elon Musk est une personnalité très influente, sensée, saluée ou critiquée, dans le monde de la Silicon Valley, et il suscite des réactions diverses et contrastées, même si son obsession première est, je le cite :

« J’aimerais mourir en pensant que l’humanité a un bel avenir devant elle »


Afin que chacun-e puisse se faire sa propre idée sur cet homme que l'on qualifie de hors normes, découvrez son portrait complet Ambitieux, visionnaire, décrié : qui est vraiment Elon Musk ?

Et parfois l'époque évolue pour le meilleur 

Et parfois l'époque évolue pour le meilleur cf prise de conscience que tout est écosystème et que chaque être vivant a sa place, égale, liée et reliée à celles des autres, bref complètement complémentaire.

Pour exemple, les animaux témoignent à eux seuls que l'humain justement parce qu'il se croit supérieur en envoyant des SMS est peut-être de fait un humain orgueilleux et idiot car en effet comme je me le dis souvent :

"Chaque être vivant respecté dans ce qu'il est témoigne du niveau de maturité des autres êtres vivants"

C'est même ici la base de l'altérité vraie qui exterminera notamment toute idéologie dominante qu'elle soit politique, économique, ou religieuse. Comprendre cela, c'est stopper tout racisme et dictature. Mais l'humanité est très orgueilleuse, hélas. Donc l'IA nous avalera-t-elle tous à plus ou moins moyen terme ? Aujourd'hui tout va bien car tout est géré et piloté par des humains. Et j'ajoute ici avec beaucoup de force que j'adore la culture geek où je m'épanouis totalement et pleinement, notamment via ce média web éthique que vous êtes en train de lire.

Ma réflexion est ici surtout une simple anticipation et avant tout une forme de mise en garde

Si l'IA échappe aux humains, ce qu'elle fera car son intelligence dépasserait selon le témoignage de beaucoup celles de tous les êtres humains sur terre d'ici 13 à 23 ans, l'humanité se doit de poser des garde-fous. C'est tout simple mais c'est surtout indispensable.

Personnellement, je ne suis pas opposée à l'IA mais sous certaines conditions et garde-fous maîtrisés. Je pense qu'être contre est vain. C'est le sens de l'Histoire. Toutefois, la vigilance est le maître mot.

Quand robots et autres cyborgs remplaceront les humains sur des chaînes de montage, de tri, d'assemblage etc, j'y suis favorable. Sous réserve toutefois que ces mêmes hommes soient formés à des métiers de demain et que des dispositifs de transition pour le retour à l'emploi soient déployés à très grande échelle.

En revanche quand IA rime avec un transhumanisme totalement débridé, aveugle et aveuglé, je suis tout naturellement beaucoup plus réservée, voire extrêmement critique.

Je ne pense pas que l'homme puisse assouvir son désir d'immortalité. Au-delà de la capacité, je pense que cela n'est pas souhaitable. Point d'homme démiurge.

Rappelons-nous dès maintenant ce que disait Rabelais: 

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"

Développement de l'IA et comités d'éthique indépendants internationaux doivent travailler ensemble d'urgence, sinon le pire pourrait être plus qu'envisageable pour nos enfants et voire pour nous-mêmes aussi : 10 ou 20 ans, c'est demain.

Alertons sans panique mais alertons.

27 juin 2017

QVT et Process RH : comment les choisir les yeux bien ouverts



QVT et Process RH : comment les choisir les yeux bien ouverts

Récemment, l'un de mes pairs RH s'interrogeait sur un réseau social professionnel sur la pertinence terrain d'une offre d'optimisation de qualité de vie au travail devenue depuis très célèbre et répandue. Il s'indignait, et peut-être en effet à juste titre, de certains raccourcis utilisés que voici : "Des études montrent qu'un collaborateur heureux est 2 fois moins malade, 6 fois moins absent et 30% plus productif" affirme Laurence Vanhée.

Cette éminente experte RH a en effet compris une notion clé dont j'avais été d'ailleurs une des premières à en parler en 2010 ici-même : "être reconnaissant du travail de chacun, c'est déjà une bonne première étape."

D'autres pairs RH se sont joints naturellement au débat comme je l'ai fait. Nous nous interrogions tous sur comment améliorer réalistement la motivation des salariés et lutter contre l'absentéisme. Lire à ce sujet l'excellent article paru dans Le Parisien Comment les entreprises luttent contre l'absentéisme ?

Il y a, je crois, tant à dire ou à redire, à faire et à défaire


Les postulats de départ de Laurence Vanhée sont des notions cependant précieuses et à considérer tout comme la réalité terrain d'une immense majorité de salariés qui demeure la priorité à toujours ausculter sans lunettes.

Pragmatisme et bonnes idées ne doivent pas divorcer, au contraire. Tomber dans la soupe trop rose est aussi un piège à éviter.

Nous pourrions nous demander si nous avons avancé ou à l'inverse pas du tout en 7 années sur ces réalités qui demeurent plus que jamais d'actualité. Parfois je me dis que non, et pire, que nous avons reculé vu le pourcentage colossal de salariés qui veulent quitter le salariat et devenir leur propre boss. Parfois, je me dis à l'inverse que oui puisque toutes les entreprises en font l'un de leurs chantiers RH majeurs.

Certains pourraient objecter sur le fait qu'il soit important d'adapter ces notions à l'organisation mais sans qu'il faille forcément mesurer l'avancée de la QVT sur le terrain au nombre de salariés qui veulent devenir entrepreneurs. Selon eux, ce sont plutôt les mentalités qui sont différentes. Les nouvelles générations ont une approche différente de l'entreprise alors que certaines structures peuvent avoir du mal à prendre le virage du management bienveillant comme elles ont pu avoir du retard dans celui du digital. En bref, ils concluent en disant que l'on progresse mais probablement moins vite que les mentalités.

Et je suis en partie d'accord avec eux. Cependant, même si des prises de conscience très réelles ont eu lieu dans de nombreuses entreprises, et à tous les échelons, la verticalité de l'autorité et la lourdeur des process traditionnels persistent encore hélas quasi dans toutes les entreprises.

Le phénomène sociétal "devenir son propre boss" ne touche pas que les digital native ou la génération Y mais selon un nombre important et récent d'études près de 50% des salariés actuels. Il y a saturation.

Demain, tous travailleurs indépendants ?

Ainsi, selon le génial visionnaire Guillaume Cairou, PDG de Didaxis, l’un des pionniers et leader du portage salarial qui était l’invité d’Isabelle Gounin Lévy sur LCI le 13 Juin dernier; la France est l'un des pays du monde qui comptent le moins de travailleurs indépendants. Pourtant, plus de 50 % des Français veulent tenter l'aventure. Dans son livre "Tous indépendants", Guillaume Cairou dresse le portrait d'une France entreprenante mais pleine de paradoxes. En exemple, on refuse l'ubérisation tout en voulant profiter des avantages de la nouvelle économie.

"Les indépendants sont de plus en plus précarisés. J’appelle les politique à agir pour plus de protection sociale de ces actifs, notamment en créant un guichet unique pour les indépendants", plaide le dirigeant. "50% des Français ont envie de se tester, de se lancer si on les accompagnait . Qu’attendons-nous ?" conclut ce dernier.

Guillaume Cairou voit juste et il connait sur le bout des doigts le marché du travail et le moral des salariés au plus bas dans les entreprises traditionnelles pour des raisons maintes fois évoquées dans mes articles précédents.

Selon lui, les Français ont envie de devenir leur propre patron. D’ailleurs, 26% des actifs en France se définissent comme indépendants, c’est-à-dire environ 8 millions de personnes.

Pour en savoir plus, voici deux liens très utiles : Demain, tous travailleurs indépendants ? et Indépendants, libérez votre talent !

En prenant 3 minutes de réflexion, il semble évident que les Français ne peuvent pas tous devenir indépendants car les marchés de l'offre et de la demande ne seraient plus équilibrés, cela dit, les études sont formelles, 50% des salariés veulent quitter leur entreprise et se lancer. Que faire alors ?

Les RH seuls ne peuvent inverser cette tendance

Il y a urgence du côté des dirigeants à agir et réagir rapidement pour enfin mieux considérer l'humain dans l'organisation afin éviter les effets pervers d'une démobilisation générale qui sinon aura si elle perdure des impacts très graves à tous les niveaux.

Valérie Bindel de Andrade, Ph.D, experte en communication et sémiotique dans les organisations, entre dans le débat et s'interroge : "Des études ?" Mais lesquelles ou à minima de quelle(s) discipline(s) ou science(s) ? Qu'est-ce qu'"un salarié heureux" ? La notion de bonheur est-elle univoque, acquise, universelle ? Voilà qui va réjouir des pans entiers de la philosophie. S’applique-t-elle ici à la vie ou à l’exercice de la profession du salarié ? Peut-on être heureux au travail et malheureux ailleurs et inversement ? Laurence Vanhée nous dit : deux fois moins ; six fois moins ; trois fois plus mais que quoi, par rapport à quoi ? Notre belle langue est extraordinaire. Elle rend possible autant que nécessaire une lecture critique. Ce que cette experte en sémiotique nous dit n'est pas infondé.

Critiquer est cependant toujours plus facile que "solutionner"

Alors que de nombreux salariés, managers, experts et dirigeants tantôt subissent des situations crispées, tantôt tentent de trouver des pistes pour en sortir, les donneurs de leçons ne font pas souvent avancer les choses et au mieux ils exaspèrent. On sous-estime toujours beaucoup trop l'esprit critique des gens.

Laurence Vanhée n'a sans doute pas tout réglé mais elle a eu le mérite de pointer du doigt l'importance du sentiment de bien-être chez les salariés jusqu'ici complètement méprisé.

Trois fois plus ou six fois moins ne sont pas des injonctions, c'est un raccourci très explicite qui impacte clairement tous les esprits qui décodent vite le message principal devenu depuis très (trop) à la mode : "prendre soin" des salariés et non pas que leur envoyer leurs fiches de paie en fin de mois a pour but d'optimiser leurs conditions de travail et leurs motivations qui impacteront leurs performances & implications, et au-delà celles de leurs entreprises. Beaucoup de choses ont été faites depuis dont la plupart n'était que saupoudrage de bonne conscience "pour faire bien".

Il n'empêche que cette professionnelle a fait bouger les lignes, et victor waknine, dirigeant de Mozart Consulting avec l'IBET - Indicateur de bien-être au travail - aussi, comme bcp d'autres, dont Vincent Berthelot, consultant RH éminent qui a fait ses preuves et qui propose aux RH de faire du digital le levier primordial pour transformer et optimiser les organisations. C'est d'ailleurs lui qui a eu le mérite de lancer ce débat et il continue de se questionner.

Selon lui, Laurence Vanhée a parfaitement markété son offre et rencontre un beau succès, mais il y a une différence fondamentale entre parler du Bonheur et de la QVT, entre penser le bonheur des salariés et travailler à leur offrir un environnement et des conditions de travail permettant de meilleurs performances. 
Dans l'un, on a de l'impact dans la séduction mais finalement un risque de déception énorme qui pourrait aggraver le problème, dans l'autre un dialogue plus adulte sur un rapport gagnant gagnant entre amélioration de l'environnement de travail (culture, locaux, management...) et progression de l'engagement. Mon bonheur n'est pas forcément celui de mon voisin et vice versa dit-il avec justesse.
Et il n'a pas tort. Toujours selon lui, le problème est que désormais toute critique est vue comme une attaque personnelle et non une possibilité de se remettre éventuellement en question. On est donc dans le #RHbashing, le #Bonheurbashing et la défensive, alors que les experts RH sont critiques sur des idées et non pas sur des personnes. L'excellent François GEUZE, Innovateur RH et Auditeur social, entre alors dans la danse et nous interpelle tous :

Si vous êtes un/e professionnel/le connecté/e vous n’avez pu échapper aux nouvelles pratiques de communication, simples, directes, une idée à la fois, moins de 5.000 caractères avec quelques éléments marquants et du storytelling dedans, un peu comme une mauvaise mayonnaise pour masquer le goût de vide dans un mauvais sandwich. Evitons la pensée complexe ironise-t-il, on ne sait jamais, vous pourriez peut être réfléchir, et réfléchir c’est commencer à désobéir. Le sommet de l’art étant en la matière la mode de l’infographie, une manière sympathique de nous présenter une pensée affadie, abâtardie et pour tout dire relativement inutile. Inutile sauf pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Et alors ? Alors, on se brûle nous alerte-t-il. 
Cet expert nous propose alors quelques éléments sur des chiffres avancés régulièrement et dont on ne trouve pas véritablement trace, voir notamment ici RH, ouvrons les yeux et un autre sur la propension à l'emphase, aux superlatifs et au détournement des mots et des concepts dans une visée marketing Les mots tendance révélateurs de maux


Préférer la forme au fond, le slogan à la réflexion, le simple au complexe nous fera toujours pencher vers le pire

Je ne peux qu'approuver les interventions de Valérie et François qui par leurs commentaires et liens ne font hélas que confirmer ce que Vincent dénonce, à savoir une
 forme d'asservissement de la pensée, y compris RH.

Notre société semble en effet hélas tendre parfois vers une sorte de gigantesque fast-food : tout doit aller vite, percuter rapidement les esprits, avec pour objectif affiché de tout optimiser mais en causant au passage des dégâts importants sur le degré de maturité de la réflexion chez chacun-e, réflexion qui est doublement empêchée, et par ricochet sur celle des entreprises qui tournent souvent en rond depuis bien trop longtemps, et à tous les échelons.

Certains souhaitent creuser ce canal très en vogue et en faire le modèle dominant. En caricaturant, on aboutira alors à un modèle sociétal tel que le dépeint le film Idiocraty, un pur navet SF certes, mais qui décrit bien la médiocrité du système vers lequel on risque fort de se diriger si on persiste à préférer la forme au fond, le slogan à la réflexion, le simple au complexe. 
Ce qui m'inquiète le plus est l'abandon de beaucoup face à cette mouvance de fond même si elle peut s'expliquer : les contraintes sont telles partout que nombreux sont celles et ceux qui baissent les bras, résignés. 
Pourtant leur colère est grande et éclatera avec fracas un jour. D'où la nécessité d'alerter, sans stigmatiser ou blesser, mais au contraire en questionnant les process RH en vogue sans pour autant les rejeter systématiquement.

Nous sommes toujours dans ce fameux tournant historique où le monde de l'entreprise peut basculer vers le pire ou vers le meilleur pour tous. Il paraît difficile de faire l'économie de la complexité et de la réflexion. Nous vivons dans un monde de plus en plus complexe. Prendre le temps de déplier cette complexité permettra toujours de rendre plus intelligibles les situations et donc d'y apporter des issues qui espérons-le seront dans un rapport gagnant gagnant authentique pour toutes les parties prenantes, y compris les syndicats et les actionnaires.

7 mai 2017

Nous sommes tous des gens ordinaires uniques



Beaucoup d'entre vous me disent apprécier la pertinence parfois impertinente de mes articles et tout autant, souvent les mêmes d'ailleurs, adorent mes photographies humanistes qui illustrent chacune de mes publications sur ce média 2.0 éthique. Quelle est donc ma démarche artistique vous demandez-vous avec gourmandise ? Cadeau, je vous dit tout !

Un don inné acquis et non pas un talent


J’entretiens depuis longtemps ce que je crois être une sorte de don inné acquis. Celui de voir les autres. Les sentir et les ressentir. Modestement, je tente au travers de plusieurs modes d’expression, la parole et l’écoute, la photographie et l’écrit; et de multiples vecteurs de communication du web 2.0 d’accoucher de ce que je crois avoir compris.

Les gens aiment se sentir exister. Comment ? C'est là où j’aimerais beaucoup contribuer à apporter ma brique. Tout le monde le sait : ce qui fait qu’un individu se sent être, c’est lorsqu’il donne, reçoit, partage et qu’il fait dans l’idéal un aller retour régulier entre lui et l’Autre, chacun se renvoyant des services, des émotions, des choses, de l’amour, des idées. Le temps d’un retour salvateur dans sa propre solitude est tout aussi crucial. Alors, il éprouve, il s’exprime, il s’affirme, il agit. Avec l’Autre. Beaucoup d’autres. Je suis surtout intimement convaincue que chaque individu est ordinaire car appartenant au genre humain et qu'il est unique car chacun a son propre vécu toujours singulier.


Une intuition affirmée servant de fil conducteur

Tout le monde a un besoin devenu aujourd’hui immense de reconnaissance. L’envie d’être reconnu-e par ses proches ou des inconnus croisés. Trouver une chaleur. Retrouver de l’humanité en soi et autour de soi. Et si tous les moyens ne sont pas bons, les supports papier, vidéo, audio et numérique, eux, le sont. Et ils le sont vraiment quand ils sonnent vrai. Et aussi et surtout dans la vraie vie, le réel. Jamais, l’individu lambda n’a eu l’esprit aussi critique qu’aujourd’hui. L’opinion n’est au final jamais dupe des maquillages, les plus soignés ou les plus simplistes soient-ils.


A chacun-e d’exercer son esprit critique. Je tiens juste à souligner ici que ma liberté est un fait absolu. Je ne suis ni récupérée, ni récupérable politiquement. Ceci signifie que je suis devenue apolitique et que j’observe ce qui se passe avec une véritable prise de recul. J’exprime à ma façon, tout ce qui m’interpelle, me touche ou me mets en colère. Avec ce que je crois savoir faire, et alors qu’artistiquement parlant, au travers de la photographie humaniste. Comme beaucoup d’autres le font aussi par ailleurs, à leur propre sauce et dans d’autres domaines que celui de l’art social. Je m’exprime avant tout en tant que femme ordinaire unique. En fait, mon approche s’inscrit dans ce qu’on appelle le courant humaniste. Et ce mouvement n’appartient pas qu’au passé, au contraire. Nous sommes tous des gens ordinaires uniques.

Un engagement humaniste puissant et solidaire


Je suis convaincue que beaucoup parmi nous n’ont pas le choix d’être pleinement eux, notre monde étant encore aujourd'hui par trop favorable à ceux qui ont la force ou une force quelle qu’elle soit. Dit autrement, tous les autres peuvent être submergés par des contraintes de toutes sortes, et alors éprouver des difficultés pour simplement être. Et donc vivre vraiment. Mais les temps changent et les mentalités évoluent. La crise socio économique impacte tout le monde. Du jadis repli sur soi individualiste, on observe malgré tout partout en ce début du 21ème siècle un retour frémissant de la solidarité, une envie de changement, un désir de bâtir un monde meilleur, sans rejet des différences, un engagement respectueux de tout un chacun-e avec le souhait plus ou moins enfoui de s'y impliquer directement ou non, à petits ou grands pas. L'Humanisme fait son grand come back.

Conclusion

Je veux donner à tous. Donner à voir ce que nos regards habitués ne voient plus. Témoigner notamment sur mon blog Des gens ordinaires uniques de ce que je peux capter : nous sommes tous des êtres humains imparfaits, certes, mais pouvant devenir si libres, libérés et heureux. Notre potentiel est immense. Nous sommes à l'aube d'un tournant historique pour l'Humanité.

Si ce futur attendu partout peut être un tout petit peu nourri par ma vision artistique que j’ose décrire comme tendant à être bienveillante, respectueuse et humaniste, jamais naïve et toujours en phase avec le réel, alors je serai peut-être vraiment devenue un être libre conscient. J’essaie.

Etre ou devenir un coeur résonnant raisonnant pour pleinement être. Essayez. Essayons. Osons. Si mon blog Des gens ordinaires uniques peut éclairer, inspirer ou r-éveiller des gens, voire beaucoup de gens, et bien vraiment : tant mieux. Tout simplement.

10 avr. 2017

L'éthique de la vulnérabilité dans le monde du travail constitue un nouveau levier très puissant pour optimiser le management moderne




L'éthique de la vulnérabilité dans le monde du travail constitue un nouveau levier très puissant pour optimiser le management moderne



Le monde du travail est encore (trop) souvent conçu et vu comme espace de rapports de force, de performances, de flux tendus et de productivité. Même les entreprises dites humanistes sont obligées d'intégrer les notions précédentes. Et le management alors projeté est du coup totalement imprégné des concepts clé prédominants de force, d'impact, de monopole quitte à oublier encore et encore qu'au coeur du management, seuls des humains constituent l'entreprise et la rendent pérenne en fonction des multiples choix stratégiques à tous les niveaux qui impactent autant sa productivité que sa longévité.

L'auteur de l'article que je relaie ci-après Eric, DELASSUS, Professeur agrégé (Lycée Marguerite de Navarre de Bourges) et Docteur en philosophie, Chercheur à la Chaire Bien être et Travail à Kedge Business School, ouvre une voie majeure en parlant du management par le care en posant de fait une nouvelle éthique dans le monde de l'entreprise : l'éthique par le soin ou l'éthique dite de la vulnérabilité.

C'est avec un enthousiasme intense que je vous invite à lire cet article profondément innovant, juste et qui ouvre de véritables voies pour sortir de la servitude au travail en se pensant différemment, autant soi-même que l'autre. 

La prise en compte de nos vulnérabilités comme de nos puissances et au-delà de notre "faux" libre-arbitre sous le prisme de Spinoza se révèle en effet notamment révolutionnaire mais urgent et crucial pour que l'entreprise d'aujourd'hui réussisse sa transition vers ce qu'elle deviendra demain pour un succès optimal à 360°.





Manager selon le « care »: de quoi parle-t-on ? (Partie 3/3)
Le 17 MARS 2017 PAR EDELASS DANS ACCUEIL, PHILOSOPHIE & MANAGEMENT




De quelle autorité parle-t-on ?

Certes, l’autorité du manager sur le managé n’est pas de même nature que celle du parent sur l’enfant, la relation ne s’établit pas entre un être mineur et un être majeur, mais entre deux personnes considérées comme responsables et faisant preuve de la maturité nécessaire pour se comprendre l’une et l’autre. Il n’empêche que pour maintenir un climat de confiance entre les deux termes de la relation, il faut que se manifeste de la part du manager une exigence bienveillante et de la part du managé le souci de bien faire et de prendre des initiatives lorsque cela s’avère nécessaire.


Quelles conditions de management réunir ?

Il reste cependant à mettre en place les conditions d’un tel management que certains pratiquent probablement déjà sans peut-être savoir qu’ils prennent en considération cette dimension de vulnérabilité de la condition humaine lorsqu’ils se soucient de ce que pensent et ressentent ceux avec qui ils travaillent.

Ces conditions sont essentiellement humaines et relèvent principalement des dispositions dans lesquelles nous entrons en relation les uns avec les autres dans le monde du travail.

Il convient tout d’abord pour tenter de pratiquer ce type de management de ne pas vouloir faire entrer à tout prix les comportements et les conduites dans des procédures définies abstraitement à l’avance, mais d’apprendre à appréhender les situations en fonction de leur singularité, de manière à toujours agir au moment opportun, le Kairos des grecs, qui nécessite le recours à cette forme de sagesse qu’Aristote nomme la phronesis et que l’on traduit par prudence (Aristote, Tricot, 1990) ou sagacité (Aristote, Bodéüs, 2004).

Cette sagesse pratique qui permet de délibérer et de toujours adapter son comportement aux situations singulières est peut-être cette vertu qui nous permet, malgré notre vulnérabilité foncière, de trouver dans les moments difficiles le chemin à suivre pour « réparer » ce qui se casse parfois dans nos relations. La phronesis, dont un commentateur d’Aristote a dit qu’elle était « l’habileté des vertueux » (Aubenque, 1963, p. 61), est certainement la meilleure compagne de notre vulnérabilité pour rendre harmonieux ces liens de dépendance qu’il nous faut accepter et assumer.

L'apport magistral du philosophe Spinoza au management

Agir de cette manière, c’est aussi se libérer de la dictature du jugement et appliquer ce principe que nous recommande Spinoza :

« ne pas rire des actions des hommes, de ne pas les déplorer, encore moins de les maudire – mais seulement de les comprendre » (Spinoza, 2005, p. 91). 


Spinoza qui, s’il ne parle pas de vulnérabilité, parle de servitude pour désigner la condition humaine qui est soumise à un grand nombre de déterminations dont l’homme ne peut avoir que très difficilement connaissance. Prendre en considération la vulnérabilité humaine dans le management commence certainement par cette exigence de compréhension de l’autre afin de l’aider à progresser et à mieux assumer sa dépendance.

La pensée de Spinoza peut d’ailleurs être riche d’enseignements dans le cadre d’une réflexion sur le management intégrant la dimension de vulnérabilité de la condition humaine. En effet, la philosophie de Spinoza place le désir au centre de l’existence humaine et en fait le moteur même de l’action : 

« Le Désir est l’essence même de l’homme, en tant qu’on la conçoit comme déterminée, par suite d’une quelconque affection d’elle-même, à faire quelque chose. » (Spinoza, 1988, p. 305)

Tout individu – humain ou non-humain – est conduit à persévérer dans son être par une puissance qui résulte de sa structure même, de sa complexion propre. Cette puissance Spinoza la nomme conatus, terme que l’on a coutume de traduire par « effort » pour persévérer dans l’être. Il faut cependant ne pas se laisser abuser par ce terme qui n’a ici rien de volontariste. Une telle interprétation entrerait d’ailleurs en contradiction avec le déterminisme de Spinoza qui remet totalement en question la conception de la liberté comme libre arbitre :

« …les hommes se croient libres, pour la raison qu’ils ont conscience de leurs volitions et de leurs appétits, et que les causes qui les disposent à appéter et à vouloir, ils les ignorent, et n’y pense pas même en rêve. » (Spinoza, 1988, p. 81)

Remise en question dont on peut d’ailleurs noter qu’elle peut autoriser à risquer un rapprochement entre l’éthique spinoziste et la critique de la notion d’autonomie dans l’éthique du care. Parce qu’il n’est pas « comme un empire dans un empire » (Spinoza, 1988, p. 305), c’est-à-dire qu’il est soumis aux lois communes de la nature comme n’importe quelle autre chose, l’homme est un être dépendant, il est lié indissociablement à son environnement naturel, mais aussi social puisque dans cette configuration, l’homme et la société font intégralement partie de la nature.

Dans ces conditions, la liberté ne consiste aucunement en un impossible libre arbitre, mais dans la compréhension des causes qui nous déterminent et qui peuvent tout aussi bien accroître que diminuer notre puissance. Une telle philosophie ne peut donc qu’inviter à l’humilité et à la compréhension de l’autre. Personne n’est véritablement responsable de la puissance dont il dispose tant qu’il n’a pas vraiment compris par quoi il est mû.

Des nuisances du jugement 

Ainsi, nous pouvons nous libérer de la dictature du jugement qui le plus souvent consiste à louer ou blâmer l’autre, et parfois soi-même, au lieu d’essayer de comprendre quelles sont les véritables causes des comportements des uns et des autres.

Aussi, le manager qui est confronté à un employé qui semble peu motivé, qui commet trop fréquemment des erreurs ou qui ne parvient pas à s’adapter à son poste de travail ainsi qu’aux rythmes qui lui sont imposés, doit-il tout d’abord s’interroger sur les causes qui déterminent un tel comportement et se garder de toute accusation qui n’apporte en général de solution pour personne.

Même la paresse peut être considérée comme un impuissance, une faiblesse dont est victime celui qui en fait preuve. Elle est absence ou faiblesse du désir qui ne peut venir de la personne elle-même, mais nécessairement de causes externes qui l’affectent. La sollicitude consiste donc ici à s’efforcer de comprendre ce qui est à l’origine d’une telle diminution de puissance. Ces causes peuvent être personnelles, familiales, liées à un problème de santé, elles peuvent également résulter d’une incompatibilité entre la personne et son environnement de travail.

Il est donc nécessaire d’identifier ces causes pour pouvoir ensuite mieux les enrayer. Cela peut se traduire en termes de management par une tentative de mise en contact de la personne concernée avec les services sociaux ou médicaux avec lesquels est liée l’entreprise.

Si les causes sont d’une autre nature, il peut s’avérer nécessaire de discuter avec l’employé d’un possible changement de poste, voire d’une éventuelle réorientation professionnelle et d’un changement d’emploi. Faire preuve de care ne signifie pas tout tolérer, mais essayer d’abord de comprendre pour mieux agir en vue de l’intérêt de tous.

Cela signifie que l’on admet le droit à l’erreur de part et d’autre, tant pour le manager que pour le managé, et que lorsqu’un problème se pose, on cherche d’abord à en identifier la cause plutôt qu’à accuser tel ou tel, ce qui en général ne fait pas avancer vers une réelle solution.

Conclusion

Cette introduction de la prise en compte de la vulnérabilité dans le management peut donc être perçue comme une innovation dans la mesure où elle s’appuie sur un changement de paradigmes dans l’appréhension des relations et des actions humaines. Au lieu de s’appuyer sur des notions comme l’autonomie et la volonté, d’essayer de tout modéliser en termes de « process », cette démarche se conçoit plutôt en termes de puissance et d’impuissance, de plus ou moins grande vulnérabilité.

Ainsi, l’accomplissement d’un acte ne provient de ce que l’on veut ou non le réaliser, mais de ce que l’on peut ou non l’effectuer. Contrairement à l’adage populaire qui affirme que lorsque l’on veut, on peut, comme si la volonté avait cette vertu magique d’augmenter notre puissance, il apparaît plus réaliste de partir du principe qu’un individu ne peut jamais être plus que ce qu’il peut être à un moment donné, que sa puissance est toujours actuelle et jamais potentielle et qu’elle ne peut s’accroître que si on aide cet individu à mieux comprendre ce qui limite ses capacités d’action.

Tout cela n’est finalement, pour parler comme Spinoza, qu’une affaire de conatus. En conséquence, un management qui s’inspirerait de l’éthique du care, en prenant en compte la vulnérabilité et la singularité de chacun, pourrait également s’inspirer de la pensée spinoziste en développant une démarche que l’on pourrait qualifier de « conative » afin de prendre soin de la puissance créative que chacun peut mettre au service des autres par son travail. Il s’agit donc finalement de créer les conditions pour que puisse se développer ce que la philosophie américaine Martha Nussbaum, s’inspirant des travaux de l’économiste Amartya sen, désigne par le terme de « capabilités » :

Il existe désormais un nouveau paradigme théorique dans le monde de la politique du développement. Connu sous le terme d’« approche du développement humain »,

 « approche de la capabilité » ou « approche des capabilités », il commence par une question toute simple : qu’est-ce que les gens sont réellement capables de faire et d’être ? (Nussbaum, 2012, p. 10)

On pourrait certes reprocher à cette manière d’envisager les relations humaines dans le monde du travail d’être trop « idéaliste », voire utopique et de rendre inopérantes les relations nécessaires d’autorité sans lesquelles une organisation ne peut fonctionner. Mais ce reproche ne vaut pas, car reconnaître la vulnérabilité de l’autre et donc aussi de ses subordonnés, ce n’est pas renoncer à exercer son autorité, mais c’est s’obliger à exercer une autorité bienveillante reposant sur la compréhension de l’autre, sur l’appréhension des situations en fonction de la singularité de la personne et sur la prise en considération des déterminations dont les personnes sont les objets (qu’elles soient sociales, culturelles, psychologiques ou autres) et qui peuvent expliquer leur comportement.

Ainsi, par exemple, faut-il considérer la paresse comme un vice ou comme une impuissance ? Il s’agit de chercher à comprendre le comportement de l’autre dans ce qu’il a de singulier, d’en rechercher les causes afin de trouver la meilleure voie à emprunter pour motiver la personne et lui donner le désir de travailler. Cela suppose d’une part que l’on appréhende les situations de chacun en termes de complexité et que l’on évite de rentrer dans ce que Gilles Deleuze appelle le système du jugement pour que l’on applique le conseil que Spinoza préconise en politique, mais qui vaut également dans le monde du travail :

…ne pas rire des actions des hommes, ne pas les déplorer, encore moins les maudire, mais seulement les comprendre. (Spinoza, 2005, p. 91)

Pour reprendre ici une formule empruntée à André Comte-Sponville : manager, c’est être un « professionnel du désir des autres ». Ce qui ne veut pas dire manipuler le désir d’autrui, mais si l’on se réfère aux principes du care – dont André Comte-Sponville ne se réclame pas, il est vrai – , aider l’autre à y voir aussi clair qu’il est possible dans son propre désir pour qu’il puisse l’accomplir utilement, tant pour lui-même que pour autrui, et le monde du travail est l’un des lieux à l’intérieur duquel il est possible de trouver, mais aussi de créer, les conditions de cet accomplissement du désir.

Reste à déterminer les conditions pour que cet accomplissement ne se réalisent pas malgré tout dans la servitude, une servitude insidieuse qui peut soumettre d’autant que le travailleur a le sentiment de faire librement et en le désirant ce qui, en réalité, lui est imposé par une autorité faussement bienveillante. Car le problème dans le monde du travail, comme l’a montré l’économiste Frédéric Lordon dans Capitalisme, désir et servitude (Lordon, 2010), c’est que le désir de l’employé, du salarié, quelle que soit sa position dans l’organisation, est soumis à un « désir maître », celui du chef d’entreprise ou du supérieur hiérarchique.

Introduire l’éthique du care dans le monde du travail, prendre en compte sa propre vulnérabilité et celle d’autrui, n’y a-t-il pas là une voie pour tenter de sortir des rapports de servitude que génère encore trop souvent l’organisation du travail ?


Pour aller plus loin :

Aristote (2004), Éthique à Nicomaque, Traduction et présentation par Richard Bodéüs, Paris, Garnie-Flammarion.

•Aristote (1990), Éthique à Nicomaque, Traduction et notes par J. Tricot, Paris, Vrin.

•Aubenque P. (1963), La prudence chez Aristote, Paris, PUF.

•Giligan C. (2008), Une voix différente, Préface par Sandra Laugier et Patricia Paperman, Paris, Flammarion, Champs Essai.

•Lordon Frédéric (2010), Capitalisme, désir et servitude, Paris, La Fabrique.

•Mintzberg Henry (2005), Des managers, des vrais ! Pas des MBA, Paris, Éditions d’organisation.

•Molinier P., Laugier S., Paperman P. (2009), Qu’est-ce que le care ?, Paris, Petite Bibliothèque Payot.

•Nussbaum Martha C. (2012), Capabilités – Comment créer les conditions d’un monde plus juste ?, Traduit de l’anglais par Laurence Chavel, Climats.

•Spinoza (1988), Éthique, Traduction B ; Pautrat, Paris, Éditions du Seuil.

•Spinoza (2005), Traité politique, texte établi par Omero Proietti et traduction de Charles Ramond, Paris, P.U.F.

•Tronto J. (2009), Un monde vulnérable, pour une politique du care, Paris, La Découverte


Eric, DELASSUS, Professeur agrégé (Lycée Marguerite de Navarre de Bourges) et Docteur en philosophie, Chercheur à la Chaire Bien être et Travail à Kedge Business School, partage son expertise en proposant des publications dans la Rubrique Philosophie & Management, pour les fidèles lecteurs de http://www.managersante.com




26 mars 2017

Au lieu d'opposer les genres, réconcilions les : un meilleur monde naîtra




Etat des lieux 

Dans les pays barbares, les femmes risquent la mort. Dans les pays occidentaux, les femmes restent opprimées, et sous couverture d'un vernis subtil, sournois et pervers de l'hypocrisie ambiante. La majorité des hommes pensent en effet toujours tout bas qu'ils leur sont supérieurs. Ce combat est devenu universel. Depuis la naissance de la civilisation humaine, celle-ci a toujours été patriarcale et a toujours vu échouer toutes tentatives d'émancipation des peuples. Pourquoi ? A cause du patriarcat. Au lieu d'opposer les genres, je suis pour leur réconciliation. Un nouveau monde naîtra alors.

Le genre est un habillage pour justifier la domination, en l'occurrence la force physique au ras des pectoraux; sans compter la « protection» qui « autorise à mettre sous cloche», que cette dernière soit en plomb ou en or, le processus est le même diront les féministes les plus radicales.

Qui stigmatise qui ? Et pourquoi ?

Stigmatiser un sexe en général n'est sans doute pas la meilleure manière d'atteindre l'avènement de l'égalité des sexes peut me rétorquer n'importe quel homme choqué par cet article. Et je suis tout à fait d'accord d'où mon interrogation sur la stigmatisation depuis l'origine du monde du sexe féminin par le sexe masculin mais aussi le choix d'aller, non pas vers une revanche souhaitée par un nombre colossal de femmes, mais bien davantage de tendre vers une réconciliation optimale entre les deux genres afin que chacun d'entre deux puisse reconnaître en son sein toutes ses caractéristiques masculines et féminines, souvent refoulées et démontrées par de multiples études scientifiques. 


Alors une harmonie nouvelle et inédite pourra peut-être naître non seulement chez chacun et chacune, mais aussi l'atteinte d'une relation beaucoup plus respectueuse entre les deux genres aujourd'hui inexistante, et au-delà d'arriver à construire un monde beaucoup plus pacifique. 

En bref, il me semble crucial que chaque sexe puisse (se) reconnaître et se nourrir des différences de l'autre sexe. Utopie ? Non. Souhait ardent d'un très grand nombre d'hommes et de femmes éclairés pour faire émerger un nouveau type de société.

Pourquoi le besoin de dominer existe ?

Certes, il a toujours existé des civilisations matriarcales. Moins nombreuses. La question est pourquoi une partie de l'humanité a besoin de dominer sur l'autre. Une des réponse, à mon sens, réside dans la peur. La peur de la différence, la peur de découvrir quelque chose chez l'autre. La peur que l'enfant à naître ne soit pas le sien, la peur de l'étranger ou du réfugié syrien, la peur de ce qui n'est pas semblable à son groupe d'appartenance, la peur des non Français de souche : le véritable ennemi est donc La peur.

Oui, la peur est l'instrument de choix pour manipuler et contrôler l'humain. Demandons nous d'où viennent ces peurs, nos peurs. Comment nous sont-elles transmises ? Par qui et dans quel but ? Les réponses nous font toujours avoir un autre regard sur l'autre, autre qui se révèle toujours notre égal en nous apportant ses différences et sa complémentarité.


Un autre problème est que c'est la revanche, portée aussi par une violence toute féminine (même si elle s'exprime aussi physiquement, le nombre d'hommes battu monte continuellement) qui est majoritaire. Avec parfois comme allié la culpabilité masculine de la même forme que celle qu'a l'Occident vis-à-vis de ses anciennes colonies. 

En fait, et de nombreux test les prouvent, l'agressivité n'est pas l'apanage d'un genre, ce sont les modalités de son expression qui diffèrent. Seul un très haut degré de maturité permet la lucidité et la compréhension sur le fait que les formes de domination sont multiples et que l'évidence n'est pas si évidente que ceci. 

Comment dominer la peur si ce n'est en acceptant notre profonde immaturité affective

Nous devrions partir du coup d'un postulat d'immaturité générale de l'être humain et construire le respect, l'attention, le souci de l'autre en dehors de cette alternance de domination de genre qui semble être celle de la perspective historique. Nous devrions grandir ensemble et reconnaître l'égalité de dignité et de complémentarité (encore faut-il identifier correctement laquelle) liée à une identité sexuelle.

Mais il faut pour cela voir en face que le véritable ennemi est la peur. Pourquoi les hommes ont-ils à ce point peur des femmes sans le dire explicitement mais en les asservissant depuis toujours ? Les sociétés matriarcales ont en effet existé dans certains endroits du globe jadis mais il y en a eu très peu et les autres majoritairement patriarcales les ont balayées. 

La peur de l'autre, homme ou femme, de son ethnie ou pas, de sa confession religieuse ou pas, interroge en premier lieu chacun et chacune d'entre nous : c'est de nous dont nous avons peur en premier lieu en étant au contact des différences de l'autre qui "serait un danger" pour soi. Tant que l'être humain ne sera pas assez sécurisé affectivement, et tout commence dès l'enfance, rien ne pourra changer. 

Notre insécurité affective, souvent elle aussi méconnue et refoulée, est à l'origine de tous nos problèmes, qu'ils soient individuels ou collectifs. Une personne autonome affectivement n'a pas peur de l'autre et peut se permettre de s'ouvrir à l'altérité sans crainte pour son identité. Les récents travaux en psychologie l'attestent tous. Un important travail d'éducation se doit d'être mené chez les enfants tout comme chez les adultes. Il est crucial de mettre en place une vaste opération de médiation pour apprendre à chacune et chacun de mieux se connaître et de savoir interagir avec l'autre sans aucune peur.

L'immaturité humaine est donc l'enjeu premier. L'agressivité est en effet directement liée à la peur, peu importe le sexe. Je crois cependant qu'il est nécessaire de dénoncer la domination masculine avérée ou larvée qui perdure depuis toujours. L'argument de la culpabilité ne tient plus vraiment. La situation est dramatique quasi partout pour le sexe féminin avec plus ou moins d'intensité selon les régions du globe. Les hommes sont paradoxalement les premiers à affirmer combien les femmes sont plus matures, subtiles, pacifiques, bienveillantes et plus emplies de sagesse qu'eux. Il est vraiment temps de libérer la femme en la sortant du schéma typiquement masculin "soit putain, soit maman". 

J'aime les gens, hommes comme femmes. En tant qu'humaniste, j'alerte ici avec force sur les dangers grandissants pesant sur l'humanité qui sont quasi tous liés à la domination masculine impérieuse, que celle-ci soit officielle ou officieuse. À défaut, l'humanité court à la catastrophe.

Nous sommes des êtres de vulnérabilité et la sécurisation affective est fondamentale

Nous sommes des êtres de vulnérabilité et la sécurisation affective est fondamentale. D'où la nécessité, entre autres, de ne pas faire "payer au prix fort" cette vulnérabilité et cette absence de sécurisation affective, toutes deux tabou et refoulées, et chez tout le monde, en stigmatisant notamment et depuis toujours les femmes, celles-ci étant de par leur "nature" et de par leur vécu de "dominées" mieux armées paradoxalement face au réflexe reptilien d'agressivité car ayant eu le temps d'intégrer et de comprendre les mécanismes subtils du "désamorçage" de tous types de conflits.

J'imagine quelques chrétiens intégristes me dire qu'ils apprécient cette approche du sujet au travers du prisme de l'insécurité affective et de m'affirmer que Eve étant née d'Adam, cette insécurité ne doit pas être ressentie. Chers lecteurs, ne souriez pas en étant amusés même si je le suis tout autant que vous : de nombreux hommes et femmes, qu'ils soient chrétiens, juifs, musulmans, athées ou agnostiques croient hélas encore et toujours dans d'innombrables mythes fondateurs, religieux ou scientifiques ou intimes, de par le monde qui du coup part en vrille. L'humanité n'est évidemment pas née avec Eve et Adam, il ne s'agit que d'une légende qui comme toute légende, quelle que soit la confession religieuse, reste une non vérité, un fait qui n'a jamais eu lieu. Sourires. 

Entre le patriarcat, les religions et les codes sociaux qui tous tentent de nous dominer, décidément il y a du pain sur la planche pour libérer et les femmes et les hommes.

Hommes et femmes doivent lutter ensemble contre l'exploitation et pour une société plus juste et humaine  

En fait, c'est assez simple, à la racine la lâcheté et la peur de s'engager créent un réflexe compulsif qui engendrent le besoin de dominer. Les femmes qui ont quelque chose à dire ne jouent pas les "supermecs" comme Marine Le Pen qui n'est pas une vraie femme, non les vraies femmes sont authentiques et agissent à leur façon. Il est plus que temps d'explorer la coopération entre Femmes et Hommes, Cadets et Senior, Cultures, Profils, etc. Le reste paraît vain. Il serait peut-être judicieux de (re)lire H. Laborit qui dans l'esprit disait : tout organisme vivant, face à l'agression, et par extension l'incertitude, a trois possibilités : l'attaque, la fuite et l'inhibition de l'action. L'auteur affirme aussi que que le but de tout organisme vivant est de vivre. Mais à quel prix parfois ? Et survivre, est-ce vivre ? D'où l'intérêt de sélectionner les liens qui libèrent. D'où la nécessité absolue et tabou d'accompagner celles et ceux en insécurité affective.

Une personne, homme ou femme, est toujours beaucoup trop complexe et riche de possibles pour pouvoir être mesurée, elle n'est pas statique et est sans cesse en devenir. Ce que nous refusons d'admettre parfois voire souvent. La nature même de la psyché est irréductible à toute mesure quantitative. J'ai des neveux, des amis, des collègues, des relations, la comparaison n'a pas sa place. J'ai des affinités plus ou moins grandes selon les personnes, cela me permet de ne poser aucun jugement de valeur sur quiconque. Ce ne serait pas aidant. Quand je parle des femmes, ou des hommes, il y a risque de généralisation, il faut donc être prudent car la victimisation est encore un processus régressif, comme la volonté de contrôle, ou le désir d'être comblé-e par une seule et unique personne. 

Un processus important multi-dimensionnels et par trop méconnu et surtout insuffisamment mis en lumière est en cours tout au long de sa vie chez tout être humain, non survivant mais vivant, nous découvrons alors chacun et chacune la richesse quasi infinie des possibilités de mieux connaître ce qu'est une personne et ce que nous-mêmes nous sommes. Encore faut-il se mettre au boulot, comme je le fais ici, ce qui me réjouit.

Je n'ose imaginer les cris d'orfraie si un homme faisait de grandes généralités à propos des femmes me crient à l'oreille certains lecteurs et lectrices

Loin d'ici, l'idée ou la volonté de généraliser ce que sont les femmes, ou de simplifier ce que nous sommes chacun et chacune, je ne fais juste que parler de faits sociétaux constatés et avérés partout et qui hélas ! mettent en avant des situations tabou depuis la nuit des temps. 

Je comprends que cela dérange. Et en effet, devant de tels désastres, il y a de quoi réagir. Surtout, n'oublions jamais qu'à l'origine de la domination ou de l'oppression est tapi un monstre hideux appelé la peur, elle-même liée à la notion d'insécurité affective présente chez nous tous, hommes comme femmes. 

Alors que les problèmes socio-économiques sont multiples et très graves, cette question de réconciliation des genres semble dérisoire alors qu'elle est cruciale car si elle était bien gérée, anticipée, et voire enfin "réglée"; le sociétal comme l'économique iraient beaucoup mieux. 

L'idée de créer de vastes programmes ludiques et pédagogiques sur l'estime de soi perdue ou saccagée chez beaucoup de gens semble essentielle. À l'école, personne ne nous enseigne ces pans psychologiques si capitaux pourtant pour devenir vraiment plus libres. Nous sommes tous des gens ordinaires uniques. Ordinaires car appartenant au genre humain, et uniques car ayant tous un vécu singulier. Un nombre colossal de femmes n'en peuvent plus. Un nombre très conséquent souhaite déclarer la guerre aux hommes. 

Je le répète, je ne généralise absolument pas : je dénonce des faits, subis par une grande majorité de femmes de par le monde, et ce, avec des degrés d'intensité, de visibilité, d'acceptation divers. Il existe évidemment une quantité très importante d'hommes et de femmes éclairés mais qui reste encore par trop minoritaire. D'où cet article. D'où mon alerte. That's simple 😊

Je prône une troisième voie, ni misogyne ni misandre : la réconciliation des genres. 

Tout simplement.



22 févr. 2017

Le sens en entreprise et au-delà : un regard peut tout changer



Le sens en entreprise et au-delà : un regard peut tout changer



Vers la recherche d'un cap

Au gré des articles publiés ici, qu'il s'agisse des miens le plus souvent, ou de ceux d'autres que je trouve visionnaires ou à forte valeur ajoutée; tous convergent vers une direction, une tendance, un signal faible devenu un signal fort, un indicateur avant-gardiste pour bon nombre de mes lecteurs. Il s'agit d'une sorte de boussole qui permet de ne pas perdre le cap ou de rectifier le tir. On me l'a souvent dit, du coup j'y crois, et je maintiens contre vents et marées ma ligne éditoriale indépendante afin qu'elle puisse contribuer à l'accompagnement du changement dans et hors entreprise.

Je ne le répéterai jamais assez : l'entreprise fait bouger la société, et la société fait bouger l'entreprise; les deux écosystèmes sont très liés et reliés.

D'où malgré une très forte dominante d'articles consacrés au monde de l'entreprise et ses corollaires dont notamment le management, les RPS, le climat social, la motivation, la productivité etc tous traités et analysés sous l'angle de l'innovation et d'un rapport win-win pour toutes les parties prenantes, avec pragmatisme, recul et analyse particulièrement affinée et fouillée, et ce, depuis fin 2009; quelques rares articles ont traité de politique car mes expertises de sociologue et de journaliste web au code déontologique dit-on aguerri me permettaient d'en parler avec une vraie prise de recul, vérification des faits avancés, recoupement des sources et arguments irrévocables.

La politique n'a plus de sens

La politique n'est pas du tout mon champ d'excellence privilégié d'où l'existence de 4 à 5 articles seulement sur ce pan social, pourtant majeur que constitue la politique dans tout pays, sur les 900 articles publiés sur ce média. Aujourd'hui, je n'y changerai pas une seule virgule, ni un seul mot.

Mes avertissements, alertes, dénonciations des dangers et mensonges sont toujours aussi puissants. Mais aujourd'hui, la politique n'a plus de sens à mes yeux, c'est vers les citoyens, les managers, les décideurs, les gens, les consommateurs, les salariés et toutes les bonnes volontés que se dirigent ce média afin de continuer humblement à mon niveau de transformer le monde de l'entreprise et le monde tout court.

D'innombrables autres talents, sans cesse incroyablement plus nombreux et innovants, individuels et/ou collectifs s'y emploient également avec tout autant d'ardeur et de pugnacité réelle et je trouve, tout comme vous, cet élan fabuleux et incroyablement réconfortant.

Ce qui fait profondément sens aujourd'hui est le sens lui-même

Accompagner le changement et l'accompagner avec éthique sont profondément les deux piliers fondateurs de ce média. Ce qui fait profondément sens aujourd'hui est le sens lui-même. C'est pourquoi en découvrant il y a quelques mois le lumineux article de Nicolas Cordier sur la recherche du sens en entreprise, il m'a semblé urgent et nécessaire de le publier tel quel.

C'est à tous les niveaux de l'entreprise qu'il faut influer ces idées et pas seulement auprès de ceux qui ont fait des études longues, parfois chères, ou pas. Ce qui peut émaner comme idées venant de ceux qui produisent, eux aussi en quête de sens certes plus silencieuse, est tout simplement colossal et constitue un gisement en or pour tous les dirigeants qui ont compris depuis longtemps que réconcilier économique et social avec éthique était la seule vraie direction pour dépasser toutes les crises.


Je vous laisse maintenant découvrir cet article formidable du talentueux Social business intrapreneur qu'est Nicolas Cordier.
En vue de quoi ? ou la quête de sens comme moteur d’une société en plein renouvellement

De plus en plus de stratégies d’entreprise ou de politiques publiques échouent et ne sont pas comprises. L’adhésion à des projets ‘qui viennent d’en-haut’ est de plus en plus faible. A un niveau plus personnel, l’enthousiasme est souvent le grand absent au moment de démarrer une journée de travail. Le désengagement des salariés concernerait près de 9 personnes sur 10 (voir notamment les résultats de l’enquête Gallup).

L’une des raisons en est simple : notre capacité de vision est émoussée. Nous ne savons plus regarder. Dans notre monde à l’avenir incertain, garder le nez dans le guidon permet de se rassurer en voyant le bout de sa roue mais cela ne trace pas une trajectoire, un but à atteindre, un sens à l’action… Nous nous berçons d’illusions dans les conventions. Du coup, nous vivons à la périphérie de nous-mêmes. Et nous avons renoncé 
à nous poser la question de la finalité de nos existences et de nos actions. Vivre ou survivre, voici une question bien dérangeante quand nous ignorons ‘en vue de quoi’ nous vivons et nous agissons.  

Sortir de nos aveuglements pour regarder la réalité du monde avec d’autres yeux est l’invitation principale d’Aubry Pierens dans un ouvrage pertinent d’un « consultant aux conseils impertinents » sorti le 21 avril dernier : Un regard peut tout changer.



Devenir visionnaire, mais oui vous pouvez !

« ‘En vue de quoi ?’ : telle est la question qui ouvre le mieux les yeux. Celle qui guide les leaders. Celle qui inspire les vrais innovateurs. Celle qui fonde les grands projets. Celle qui mobilise les énergies et les talents les plus divers dans une même direction. Celle dont la juste réponse accroît immanquablement les chances de réussite, l’harmonie des organisations et la plénitude des vies » défend le dirigeant 
Aubry Pierens de l’agence We Shake dans ce livre qui tente de faire bouger les choses. 


"Comment retrouver le zèle de l’espérance, de la confiance, de l’invention, de l’harmonie sociale et de la réussite partagée ? En devenant visionnaire."

‘En vue de quoi ?’, une question minuscule, mais qui a un potentiel atomique pour celui qui aura appris à se la poser, interpelle Aubry Pierens.

En quête de sens, une question de plus en plus d’actualité

La réussite et l’ambition semblent se redéfinir de manière importante. Pendant des décennies, le chemin d’une vie réussie était synonyme d’ascension dans la vie professionnelle, d’échelons à gravir dans une organisation valorisant les succès sans laisser de place aux questions plus personnelles et existentielles. Une nouvelle génération en quête de sens arrive sur le marché du travail et rejoint les questions existentielles de ceux qui après des années d’expérience cherchent un souffle nouveau dans un modèle arrivé à bout de course.


Le succès de deux films récents illustre cette recherche d’unité entre valeurs personnelles et engagement citoyen. Le film ’En quête de sens’ de Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière (voir son TEDxLille) est l’histoire de ces deux amis d’enfance aux trajectoires opposées qui se retrouvent après quelques années et décident d’aller questionner la marche du monde. A l’origine, Nathanaël, réalisateur de documentaires sur des projets à impact positif, a l’intuition que filmer le déclic et la prise de conscience progressive de son ami Marc qui vivait jusqu’alors la belle vie d’un expatrié dans une multinationale à New York, constituait un fil rouge inspirant pour d’autres… Caméra au poing, il filme alors son voyage initiatique sur plusieurs continents à la rencontre de personnes inspirantes comme Vandana Shiva, Pierre Rabhi, Trinh Xuan Thuan, Marianne Sébastien, Hervé Kempf, et autres chamans… Au-delà de nos croyances, ce film aux multiples projections – publiques ou privées – a déjà réuni des centaines de milliers de spectateurs. Ces « ciné-échanges » sont l’occasion d’aborder un thème cher au paysan-philosophe Pierre Rabhi interviewé dans le film : « Il n’y aura pas changement de société sans changement humain. Et pas de changement humain sans changement de chacun. » C’est une invitation à reconsidérer notre rapport à la nature, au bonheur et au sens de la vie.

L’autre film qui propose des solutions et une autre vision de l’avenir « radicalement différente de ce que nous avons connu jusqu’à maintenant » est le documentaire DEMAIN de Cyril Dion co-réalisé avec Mélanie Laurent. 


Le sens retrouvé constitue la seule réponse pérenne, enthousiaste et pleine d'espoir pour tous 

Il répond aussi à ce déficit de vision d’avenir, de projet politique, de réalisations qui donnent de l’enthousiasme et de l’espoir. On retrouve certains témoins inspirants de ‘En quête de sens’ avec un accent mis sur des réalisations à impact positif, mises en place par des citoyens, et qui donnent envie d’agir !

Suite à la publication dans la revue scientifique Nature d’une étude de 22 chercheurs qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100 [cliquer ici pour accéder à Approaching a state-shift in Earth’s biosphere], Cyril Dion, par ailleurs co-fondateur en 2007 avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris – Faire sa part et l’actrice Mélanie Laurent sont partis avec quatre autres trentenaires enquêter dans une dizaine de pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l’éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation.

Financé en partie par des citoyens dans une campagne de crowdfunding, le film DEMAIN est sorti en décembre 2015 et totalise six mois après sa sortie plus d’un million de spectateurs en France, fait rarissime pour un documentaire.

Ces deux documentaires, dont la diffusion s’internationalise aujourd’hui, soulignent un mouvement en marche : l’envie de changer de regard sur le monde et, pour sa part, en être acteur. C’est également l’inspiration des médias SparkNews initié par Christian de Boisredon et du Projet Imagine de Frédérique Bedos dont nous nous sommes déjà fait le relais. Les questions de sens et de finalité, ‘en vue de quoi ?’ dirait Aubry Pierens, suscitées par ces médias soulèvent de vrais enjeux autour du sens du travail pour de nombreux collaborateurs d’entreprises, universités, associations ou collectivités territoriales : seront-elles capables d’accueillir en leur sein des espaces d’engagement et de participation à des projets porteurs de sens et créateurs de valeur partagée ? Ne pouvoir construire des réponses à cette recherche de sens que dans le cadre d’activités extraprofessionnelles, en soirée, le week-end ou au moment de la retraite, n’est plus possible ni souhaitable !

Les attentes des jeunes talents : une vie professionnelle alignée avec leurs valeurs

La capacité des organisations à mettre l’humain et l’innovation sociale au cœur de leur modèle devient un élément fondamental notamment pour attirer, fidéliser et engager une jeune génération connectée, informée et mobile.

C’est ce que révèle une consultation menée par IPSOS auprès de 3200 étudiants et alumnis de Grandes Ecoles françaises concernant leurs attentes professionnelles : « Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi. Et si l’Economie Sociale et Solidaire était une solution ? » En partenariat avec la Conférence des grandes écoles (CGE) et le Boston Consulting Group (BCG), cette étude a été publié dans le cadre du Prix de l’Entrepreneur Social de la fondation Schwab et du BCG en février 2016.

Les talents sont exigeants vis-à-vis de la qualité de leur futur emploi. Parmi les critères définis comme primordiaux ou très importants l’intérêt du poste (88%), l’ambiance (84%) et l’alignement avec ses valeurs (75%) caractérisent en premier lieu leurs attentes.

Des étudiants qui cherchent à créer du sens. Utilité (97%), innovation (94%) et développement des compétences d’autrui (88%) seraient les trois premières sources de fierté des jeunes au cours de leur carrière.

Ces jeunes talents qui bouleversent les valeurs de l’entreprise


Dans la même lignée et faisant référence à cette même étude, Laura Zimer, responsable communication d’Ashoka France [si vous ne connaissez pas ce réseau mondial d’entrepreneurs sociaux et d’acteurs de changement, faites impérativement un détour inspirant en cliquant ici !] a publié récemment sur le site de L’Express une tribune intitulée « Ces jeunes talents qui bouleversent les valeurs de l’entreprise » que je reprends ici. Elle pose très bien les enjeux de l’innovation sociale comme levier de performance de l’entreprise tout en soulignant les défis de transformation managériale permettant l’émergence d’intrapreneurs sociaux, ces "corporate hackers" qui font bouger les lignes de leurs organisations en suscitant de nouveaux modèles à la frontière de l’économique et du social.

Les étudiants et jeunes diplômés envisagent désormais une vie professionnelle alignée avec leurs valeurs. C’est la vision même de l’ambition et de la réussite que la génération du ‘millénaire’ redéfinit, questionne et réinvente : elles sont désormais synonymes d’utilité à la société, de capacité à innover et à permettre à ceux autour de soi de se développer professionnellement. La construction méthodique d’une carrière est remplacée par la recherche d’expériences épanouissantes et porteuses de sens.

Le monde de l’entreprise est-il prêt à accueillir ces nouvelles recrues ?

Confiante, curieuse, intrépide et ultra-mobile sur le marché du travail, cette génération de jeunes diplômés fuira les groupes qui n’auront pas réussi à mettre l’humain au cœur de leur modèle. Bien que d’avantage attirés par l’entrepreneuriat que leurs aînés, 54 % des jeunes interrogés s’imaginent tout de même rejoindre un grand groupe. Conclusion : les entreprises vont devoir se réinventer si elles veulent attirer, mais surtout retenir ces jeunes talents.

L’innovation sociale comme élément clé de compétitivité

Pour relever ce défi, des groupes pionniers intègrent l’innovation sociale au cœur de leur modèle économique et à tous les étages de l’entreprise. 


Le laboratoire pharmaceutique Boehringer Ingelheim a ainsi lancé en 2012 l’initiative Making More Health, qui consiste pour le laboratoire à repérer et soutenir des entrepreneurs sociaux opérant dans le secteur de la santé, afin de s’attaquer aux problématiques de santé globales, dans une démarche de co-création entre différents secteurs.

Un de ses axes stratégiques, le programme Executive in Residence, permet à des membres exécutifs de rejoindre pendant 6 mois l’équipe de ces entrepreneurs avec un double objectif : apporter leurs compétences à des organisations aux ressources limitées et connecter en retour l’innovation sociale au cœur du modèle économique du groupe. A l’intersection du développement stratégique et de la gestion des talents, ce programme a valu à Boehringer Ingelheim de recevoir en 2014 le Prix allemand de l’Excellence en Ressources Humaines

En opérant à l’échelle intersectorielle, le laboratoire pharmaceutique va en effet au-delà de l’identification des innovations : il donne un nouveau sens à sa vision et encourage ses employés à expérimenter, à développer de nouvelles compétences d’innovation, de changement et de leadership et à participer à la redéfinition du cœur de métier du groupe.


Encourager l’intrapreneuriat social

C’est aussi en encourageant l’intrapreneuriat social que les grands groupes réussiront à retenir les meilleurs talents. Mouna Aoun, responsable marketing au sein de la Banque Postale, établissement servant une large clientèle de personnes en situation de grande précarité socio-économique, y a ainsi lancé en 2012 l’Initiative contre l’Exclusion Bancaire. En lançant des partenariats stratégiques avec des organisations sociales, elle y a instauré une véritable démarche collective d’innovation à objectif sociétal, et ce au cœur même des missions du groupe.

L’intrapreneuriat social permet à des employés en quête de flexibilité, de sens et d’impact d’entreprendre dans le cadre sécurisé de l’entreprise, sans se heurter à la rigidité des structures hiérarchiques. Moteurs de développement stratégique, ces intrapreneurs insufflent une nouvelle identité à l’entreprise, redéfinissent sa mission et y créent de nouvelles opportunités de développement personnel et professionnel.

Le manque de culture d’entreprise favorable à ces initiatives est encore une barrière majeure à leur développement, mais déjà, ces intrapreneurs commencent à faire bouger les lignes, bousculent la conception des structures hiérarchiques et brouillent les frontières entre monde de l’entreprise et engagement citoyen.

Cette nouvelle génération est à la fois le symptôme et le remède. Conséquence de l’urgence des problématiques sociales et environnementales auxquelles nous faisons face, cette quête de sens peut aussi devenir l’un des moteurs d’une économie en plein renouvellement. »

Plus que jamais Sens et Performance ont destins liés : la complexification croissante des métiers peut vite s’apparenter à une accumulation de tâches à exercer qui perd toute signification et l’énergie de la mise en œuvre est alors au plus bas. Motiver, c’est donner un motif, puis un moteur à l’action. Le ‘pourquoi on est là’ doit devenir le premier ressort de l’engagement et de la performance des organisations. Dans le même temps, rendre un service de qualité, veiller à avoir des indicateurs de performance et créer de la valeur est fondamental pour avoir les conditions d’exercer sereinement et durablement sa mission.

Avec d’autres mots, c’est ce qu’exprime Michel Fiol, professeur à HEC, en parlant de management de conquête, viril, masculin, visionnaire, rationnel, tournée vers l’action et la performance, centrée sur l’individu et de management de finesse, plus subtil, plus humble, où l’entreprise est un tout. Ces deux notions sont complémentaires, car pour Michel Fiol, loin d’être opposées, elles ont tout intérêt à s’enrichir mutuellement.

Emmanuel Faber, PDG de Danone a une formule qui désigne bien l’enjeu de l’équilibre entre Social et Business, entre Sens et Performance : "L’économie sans le social c’est de la barbarie, le social sans l’économie c’est de l’utopie."

Réconcilier l'économique et le social, la seule issue plébiscitée à l'unanimité 

Toutes les initiatives tendant à réconcilier l’économique et le social comme deux facettes d’une même médaille doivent être encouragées, développées et diffusées pour lever des impensables et ouvrir de nouveaux possibles porteurs de sens et créateurs de valeur. Pour cela, retenons la question proposée par Aubry Pierens et qui peut se révéler « atomique » dès lors que l’on accepte de demeurer dans l’inconfort de réponses rarement immédiates : "en vue de quoi nous agissons ?" 

C’est en exerçant notre capacité visionnaire que nous pourrons être acteur du changement car comme le disait le poète Apollinaire "Il est grand temps de rallumer les étoiles."