L'appel à la raison politique et l'économie du "mieux"

Paris - Canal Saint-Martin - Septembre 2012


L'appel à la raison politique et l'économie du "mieux"

LE CERCLE. Pourquoi la sphère politique ne semble plus être plébiscitée à l'unanimité : un français(e) sur deux se sentirait entendu(e). Une large majorité de salariés, de fonctionnaires, de dirigeants d'entreprises voire d'élus politiques semblent, sans se l'avouer, dépassés, parfois perdus, assurément désorientés. Il faudrait oser dire. Rebonds et réactions en chaîne sont attendus par l'opinion.

SUR LE CERCLE
  • 13/07/2012 | 15:04

    Dans le lobbying, l'argent n'est pas tout...

    la suite
  • 07/02/2013 | 09:48

    Renouer avec l'esprit de conquête pour en finir durablement avec les crises !

    la suite
En cette fin de mois de mars 2013 où les crises impactent la France, et le monde, prendre du recul sur les événements et poser les « choses » parait salutaire. Tour de piste et réflexions.
L'exception culturelle de La France résiste et persiste
Sans entrer dans une polémique stérile qui diviserait les populations déjà moroses, une idée somme toute banale apparaît. Depuis 1789 où la monarchie fut abolie en France, le début du modèle sociétal laïc fut lancé à la face du monde entier, caractérisant par là-même et au plus profond ce qu'est notre exception culturelle : le rayonnement de la France éclairée fut immense, et l'est toujours, quoiqu'en disent certains. Pessimisme, intrigues et surenchères pour dégoupiller la grenade du peuple en colère ont bon dos. Explications. 
Retour en arrière en mars 2010 : une révolte grondait
Un petit zoom sur un "épiphénomène" lors du quinquennat précédent en mars 2010 s'impose. Le Samu Social entamait une grève pour dénoncer leurs conditions de travail et le contexte où ils évoluent. 
Trois faits émergent :
1. Des centres d'hébergement pour sdf sont si insalubres que des avis de démolition de ces immeubles sont en cours depuis des lustres.
2. Les permanenciers se sentent démunis pour répondre au mal-être puissant de beaucoup, et pourtant, la passion d'être utiles et d'agir pour un lien social non agonisant semblait faire tenir la majorité de ces professionnels.
3. Avec des primes de nuit de 97 centimes de l'heure, et des primes de dimanche de 3,50 euros, leur rage au coeur pouvait-elle passer sous silence ces faits objectivement constatés ?
Ce qui pouvait expliquer cet appel à la révolte, c'était sans doute cette sensation de mépris pour tous, salariés comme "assistés » car à bout. Mépris d'autant plus palpable quand le cri de ces précaires si authentiquement solidaires de tous ces précaires était alors « racheté » à coup de CDI et de 10% d'augmentation de salaire, salaire souvent équivalent au smic. 
Les causes de la colère : des faits avérés
L'argent et le pouvoir, la complexité de notre système et la myriade alors ingérable de nos institutions étaient-elles les causes de cette révolte qui sourdait ? Et est-elle aujourd'hui toujours d'actualité ? Notre pays est-il une belle démocratie, juste, équitable et n'ayant pas à rougir d'elle-même ?
Oui et non, et encore aujourd'hui sous le gouvernement actuel, même si des chantiers colossaux sont enfin entrepris avec courage, rigueur et détermination au risque assumé et rarement pris sous la Ve République de friser autant l'impopularité. Impopularité sans nul doute injuste mais c'est à ce prix que le gouvernement actuel pourra, espérons le, redresser notre pays, et il faudra du temps, des explications et des alliés éclairés toujours plus fiables et nombreux.
Une partie conséquente de la population est incrédule et crie à la trahison alors que la réalité hexagonale exige des audaces et des choix pugnaces après le bilan assez critiqué il est vrai du précédent gouvernement et le contexte récurrent de la crise. Nous connaissons tous bien sûr également les failles de notre système et un questionnement plus insidieux s'inscrit aujourd'hui dans les esprits.
Que faire ? Que proposer comme alternative(s) ? Pourquoi la sphère politique ne semble plus être plébiscitée à l'unanimité : un français(e) sur deux se sentirait entendu(e). Une large majorité de salariés, de fonctionnaires, de dirigeants d'entreprises voire d'élus politiques semblent, sans se l'avouer, dépassés, parfois perdus, assurément désorientés. Il faudrait oser dire. Rebonds et réactions en chaîne sont attendus par l'opinion.
La certitude vérifiée, avec notamment la survie écologique qui maintenant préoccupe quasi tous les pays, du "on est tous dans le même bateau" et le déni de la réalité du "oui, tout va bien" pourraient nous amener à une catastrophe sociale, économique et environnementale sans retour. Pas d'alarmisme primaire ici. Juste un constat : la population semble à bout et oui, nous sommes, directement ou indirectement, touchés par ce phénomène sociétal que l'on pourrait nommer "déshumanisation de notre sphère sociale". 
Les causes de la colère : des généralités dangereuses pour le peuple au quotidien
Il semble urgent de réfléchir et d'agir pour ne pas réagir trop tard. Et peut-être aussi, d'avoir le courage de dénoncer l'hypocrisie d'un modèle socio-économique dominant où une poignée de gens infiniment riches, autrement dénommés lobbies, règne. Mais il est crucial de dénoncer cette vérité sans pour autant tomber dans la caricature facile.
Ces lobbies se distinguent en deux grandes catégories. En simplifiant à outrance, la première défend les intérêts de la Finance coûte que coûte, la seconde défend les intérêts du Sociétal. Ces deux lobbies, distincts le plus souvent, et parfois alliés, constituent de facto des puissances financières plus que colossales. Ils agissent et interviennent chacun selon une éthique divergente : la dite Sociétale étant louable, plus souterraine mais incroyablement active, et la dite Financière critiquable, plus complexe et à « canaliser » au plus près. 
Une rumeur publique prétend que ces lobbies agiraient en coulisses relayés par des "pions contaminés", nos gouvernants et autres castes dites dirigeantes, tous plus ou moins conscients des tenants et aboutissants de leurs rôles et/ou ayant encore, dit-on, trop peu de latitude d'action pour leur faire réel contre-poids.
La réalité est en fait beaucoup plus complexe et nier cette réalité nous serait fatal
Cette rumeur publique est divulguée et rabâchée par les partis extrémistes de droite et de gauche. Ces mouvements politiques radicaux, s'incarnant autour de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, ne sont pas inutiles à la société mais représentent un danger réel s'ils arrivaient au pouvoir, et ce, en se plaçant non pas d'un point de vue éthique, maintes fois analysé et critiqué à raison, mais simplement pragmatique, quotidien et concret voire purement économique tant pour les populations que pour notre productivité.
Si la droite populiste régnait un jour, la France connaîtrait une guerre civile sans précédent engendrant une ruine socio-économique incroyablement dévastatrice du pays. Si la gauche populiste régnait un jour, la France connaîtrait une ruine socio-économique sans précédent engendrant une guerre civile sans pitié. Mais en restant minoritaires, ces deux partis restent "utiles" car ils bousculent, provoquent et font émerger des idées, certes très caricaturales, mais non dénuées de vérité, même si explosives si mises en application.
Leur "utilité" comme leur extrême dangerosité projetée pour le quotidien, la qualité de vie et le pouvoir d'achat de la population se doivent d'être largement mieux explicitées et diffusées au plus grand nombre. Le rôle des médias et des personnalités publiques sont ici cruciaux. Ils se doivent de ne pas céder aux chants des sirènes de l'audimat, de la gloire ou des gains via des éditoriaux ou des interventions racoleuses qui les rabaissent ou salissent l'incroyable exception culturelle de la France.
Parler de l'identité nationale n'est pas sans intérêt mais est disqualifiée d'office par l'idée bien plus réaliste et fédératrice d'une France cosmopolite enrichie et respectueuse de/par ses multiples différences culturelles, différences intégrées et non refoulées ou étouffées, qui caractérisent avec un certain panache notre modèle sociétal laïc français. Parler de lutte des classes est tout aussi digne d'intérêt mais là encore est tout autant disqualifiée car lui donner crédit reviendrait à nier d'un seul coup les complexités socio-économiques française et mondiale, ce qui précipiterait notre pays dans la faillite et à un isolement géopolitique suicidaire.
L'appel à la raison
Les partis politiques modérés qu'ils soient de droite, de gauche, du centre et du mouvement écologiste constituent de fait les seuls partis dits d'équilibre, aptes à proposer et à mettre en oeuvre une feuille de route réaliste, graduée et respectueuse de notre modèle sociétal laïc.
Etre passionné et être engagé pour des idéaux ne signifie pas ne pas prendre la mesure et le pouls du monde et de ses gens. Et ce, avec les nuances, les prudences et les audaces progressives qui vont et iront avec, et feront naître un jour un monde meilleur pour tous.
Nous sommes à un tournant historique. Nous passons progressivement et d'une manière encore peu perceptible d'une économie du "plus" ou d'une économie du "moins", c'est selon, à une économie du "mieux". Presque partout, certains médias, mouvements, groupes, collectifs, esprits se font chaque jour plus innovateurs, plus soucieux de la réconciliation entre "être" et "avoir". Des minorités comme des majorités puissantes et influentes accompagnent ce mouvement sociétal qui ne cesse de s'amplifier.
"La pauvreté n'est pas naturelle. C'est l'homme qui la crée et elle peut être vaincue" nous souffle à l'oreille Nelson Mandela.

Commentaires

Articles les plus consultés