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28 févr. 2013

La société de demain s'inscrit d'ores et déjà dans l'économie de demain, à savoir l'économie positive lancée par Jacques Attali et LH Forum

Gens (série) - Pernety - Mars 2009

La société de demain s'inscrit d'ores et déjà dans l'économie de demain, à savoir l'économie positive lancée par Jacques Attali et LH Forum

LE CERCLE. Pourquoi l'économie positive est-elle présentée ici comme la seule issue concrète de tous nos maux ? Un retour sur l'Histoire nous fait rapidement comprendre un essentiel : le système socio économique actuel ne marche plus et marchera de moins en moins engendrant alors un clash majeur pour l'Humanité.

SUR LE CERCLE
  • 07/02/2013 | 09:54

    Le LH Forum: Imaginer l’économie (comme) positive

    la suite
  • Crédit: Rash Brax
    04/09/2012 | 11:33

    Trois évènements pour une économie plus humaine

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En ces temps de crises multiples tant pour le tissu sociétal que politique, économique et financier hexagonal, européen et international, il est quasi "miraculeux" de découvrir une piste plus que prometteuse pour en sortir enfin, et surtout de toutes à la fois.
 Jacques Attali, critiqué ou adulé, est quoique l'on dise, reconnu à l'unanimité pour ses qualités hors normes de visionnaire. Son "Manifeste pour l'économie positive" publié récemment dans le quotidien Le Monde fournit de nombreux éclairages et arguments pour voir demain, qui commence dès aujourd'hui, autrement. Un lien vers son article est publié en conclusion et est à découvrir d'urgence.
Ma ligne éditoriale et mon éthique personnelle comme professionnelle sont telles que mes capacités de discernement comme d'enthousiasme ne peuvent en aucun cas être inféodées. En découvrant la chaîne http://www.ecoplus.tv/economie-positive/lh-forum/ qui relaie toute l'actualité liée à l'économie positive, je suis convaincue que nombre de mes lecteurs seront abasourdis de constater combien LA sortie des crises est non seulement possible mais à portée de chacun(e) et pour le bénéfice de toutes les parties prenantes inscrites sur l'échiquier complexe du monde.
Pourquoi l'économie positive est-elle présentée ici comme la seule issue concrète de tous nos maux ?
Un retour sur l'Histoire nous fait rapidement comprendre un essentiel : le système socio économique actuel ne marche plus et marchera de moins en moins engendrant alors un clash majeur pour l'Humanité. Pourquoi ? Trois raisons principales :
La Finance s'est emballée pour une énième fois et même son pilotage automatique est devenu hors service. Plus rien ne peut la réguler en l'état.
Les grandes mouvances politiques privilégiant, et ce en caricaturant à l'extrême, certaines classes dites aisées, ou d'autres dites plus démunies, ont toutes abouti à une impasse.
La course au rendement à court terme, l'accélération des circuits en flux toujours plus tendus et l'absence d'anticipation sur leurs conséquences en termes de climat social virant toujours plus au rouge aboutiront à une sinistrose internationale tant économique, politique et sociale sans précédent.
A ces trois raisons, s'en ajoute une quatrième et d'envergure que j'explicite en plusieurs points.
  • Les individus partout sur la planète, grâce notamment à l'essor du web et du web participatif ou dit de réseau, sont devenus beaucoup plus connectés entre eux et aux informations de tous genres et de tous bords. Ils ont appris l'esprit critique, mieux ils l'ont intégré. Maintenant, ils ont conscience de former des gens ordinaires, certes, mais surtout des gens ordinaires uniques. Ils ont faim de tout : de (mieux) manger, de penser librement et sont par ricochet avides de savoirs, d'être davantage acteurs de leur existence et donc de moins subir, et au final d'être plus heureux dans une planète qui ne soit plus kidnappée ou laissée à l'agonie.
  • J'en ai maintes fois parlé : j'ai appelé ce mouvement qui arrive en sourdine l'Individualisme Alter. Individualisme renvoyant à soi, Alter qui signifie "l'Autre" en latin renvoyant au collectif. Les gens font équipe tout en n'oubliant plus leurs individualités. Servir les intérêts des autres va avec servir ses propres intérêts. Et ils développent sans cesse plus de manière parfois souterraine, parfois ultra visible  et décomplexée des stratégies de solidarité par beaucoup trop méconnues que les crises elles-mêmes ont provoquées.
  • Notre système est en bout de course car guidé par cette obsession devenue obsolète que l'être ne peut être connecté en priorité qu'à l'avoir.
  • La saturation et les envies que ce ras le bol engendrent a abouti récemment en Italie à un ralliement éphémère à l'une de ces mouvances dites populistes. Ces mouvances sont d'autant plus dangereuses pour les masses car elles ne peuvent non seulement leur offrir aucune issues solides et pérennes sociétale, économique, politique ou culturelle mais aussi zéro avancée ou sortie de crise, et pire, elles créent à leur insu ou de plein gré une récession et un immense pas en arrière en bafouant la Déclaration Universelle des Droits de L'Homme. Et par là-même, ces mouvances piétinent et piétineront ces dites masses si désespérées qu'aveuglées par ces chants de sirènes labourant à leur profit leurs détresses et reniant de facto l'essence même de l'Humanité dans tous les domaines et dans tous ses besoins.
Quelle avancée non populiste, progressiste, pragmatique, éthique conciliant simultanément les impératifs tant du marché que les priorités et envies émergentes des individus peut-on donc alors espérer ?
Je n'en vois qu'une et de taille tant elle est ambitieuse, prometteuse, efficace, fondamentalement systémique qui changera progressivement la gouvernance du monde et fera naître un nouveau monde, un monde meilleur pour tous : l'économie positive.
L'économie positive ne nie pas la condition du profit mais ne retient pas que ce critère, qui à lui tout seul, asphyxie notre économie, la faisant tournant en rond sur elle-même jusqu'à se suicider. L'économie positive, c'est "une économie qui rassemble toutes les entités produisant des biens ou des services, marchands ou non marchands, d'une façon économiquement viable et utile à la fois aux employés et aux clients, à leurs communautés et aux générations suivantes."
"L'économie positive est en marche. Elle n'est pas une idéologie, mais un mouvement nécessaire pour empêcher le suicide de l'humanité".
Place maintenant à Jacques Attali.





Manifeste pour l'économie positive
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Notre modèle économique semble avoir atteint ses limites. Les crises s'enchaînent et se nourrissent, inextricablement liées : de crise financière en crise économique. De crise sociale en crise environnementale. De crise politique en crise philosophique. Avançons trois raisons majeures qui nous incitent à agir.

En premier lieu, parce que les modèles qui ont organisé le XXe siècle ont mené à l'impasse. Le socialisme d'Etat, supposé donner la priorité au long terme et au collectif, a échoué par son incapacité à permettre la croissance et le développement de tous.

De son côté, le capitalisme financier, qui ne cherchait plus qu'à se protéger du risque, a imposé partout un modèle construit sur l'incitation financière. La valeur travail s'en est délitée, et la logique assurantielle a pris le pas sur la logique mutualiste.

Ensuite, parce que la dictature du court terme est suicidaire. Le temps politique se plie à l'échéance omniprésente de la prochaine élection. Le temps médiatique s'enflamme pour des durées aussi courtes que le nombre de caractères qui l'animent. Le trading à haute fréquence se déploie en nanosecondes, l'actionnariat se fait de plus en plus nomade (la durée moyenne de détention des titres du CAC 40 est de quatre mois) et ce court-termisme abîme en fin de compte le seul bien essentiel et précieux qui échappe au marché.

Enfin, parce que l'avenir défie la raison marchande. On ne peut plus appliquer aux grandes activités émergentes (santé, éducation, information...) les mêmes principes d'incitation, de rémunération, de tarification.

LA CROISSANCE DU PIB EST MÊME NÉGATIVE

Or, ces secteurs sont devenus fondamentaux. De plus, depuis cinq ans, la croissance du produit intérieur brut a ralenti. Elle est même négative. Pourtant, l'espérance de vie augmente encore. Le téléphone mobile, les tablettes et les réseaux sociaux ont bouleversé la vie des gens, par des activités non marchandes. Le lien entre niveau de vie et croissance est de plus en plus rompu. Le phénomène s'amplifiera.

Nous ne ferons pas face à ces transformations en faisant "plus" de ce que nous faisions déjà. Il y a nécessité à développer un nouveau modèle, et nous voyons déjà, par ailleurs, les prémices prometteuses d'une économie positive.

Mais qu'est-ce que l'économie positive ? Elle peut se résumer en une phrase : une économie qui rassemble toutes les entités produisant des biens ou des services, marchands ou non marchands, d'une façon économiquement viable et utile à la fois aux employés et aux clients, à leurs communautés et aux générations suivantes.

L'économie positive, c'est d'abord une vision positive de l'homme. Il est facile de se contenter de l'idée de rapports humains égoïstes et court-termistes, et de se résigner au cynisme. Il faut du courage pour croire au contraire.

L'économie positive, c'est une prise en compte de l'autre. Dans La Théorie des sentiments moraux, initialement publié en 1759, Adam Smith disait : "Aussi égoïste que l'homme puisse être supposé, il y a évidemment certains principes dans sa nature qui le conduisent à s'intéresser à la fortune des autres et qui lui rendent nécessaire leur bonheur, quoiqu'il n'en retire rien d'autre que le plaisir de les voir heureux." Chacun a intérêt au bonheur de l'autre. L'autre maintenant, mais aussi l'autre hier et l'autre demain.

UNE QUALITÉ INTRINSÈQUE
L'économie positive, c'est un regard qui se porte non seulement plus loin dans le temps, mais lui offre une qualité intrinsèque. Le temps y est un bien essentiel, pour que chacun puisse mener une vie digne et participer au bien commun. Développer le "bon temps", c'est se donner comme objectif que chacun a le temps de sa vie et de ceux qu'il aime, dans cette génération comme les suivantes, le temps le plus plein, libre, serein et créatif que possible.

L'économie positive c'est l'action. La morale, seule et trop abstraite, "ça n'a jamais donné que des psaumes" disait le philosophe français d'origine lituanienne Emmanuel Lévinas. L'économie positive ne se pérennisera que si elle s'inscrit dans le pragmatisme, dans le réel, dans le concret.

L'économie positive est en marche. Elle n'est pas une idéologie, mais un mouvement nécessaire pour empêcher le suicide de l'humanité. Elle existe déjà, dans des entreprises, des coopératives, des associations et dans certaines activités : la microfinance, le commerce équitable, l'entreprenariat social, etc. Elle produit déjà de la valeur.

L'économie de la musique est d'ailleurs prémonitoire : nous sommes passés de la "consommation" à la "pratique", sortant de la pure raison marchande pour allervers le partage et la réciprocité ("peer to peer", etc.). La microfinance est un secteur de l'économie positive, en ce qu'elle donne, à ceux qui en ont le plus besoin, l'accès à une finance adaptée.

L'économie positive crée déjà des emplois de qualité, et permet à chacun dedisposer de "bon temps". La France est d'ailleurs en avance dans nombre de ces domaines. Les politiques, les dirigeants d'entreprise, les syndicats ont donc un rôle à jouer pour construire une économie qui oeuvre ainsi pour les générations passées, présentes et futures.

CRÉER UN LANGAGE COMMUN

Le mouvement de l'économie positive, comme tout mouvement qui se développe en partant du bas, nécessite encore de la reconnaissance, de l'organisation, de la visibilité, de la force.

Pour devenir le nouveau référentiel, le mouvement devra relever des défis.

Etre mesurable, pour créer un langage commun. Il faut ainsi développer des critères quantifiables (index, mesures, études) pour en mesurer l'impact etpermettre de comparer, de développer, d'inciter.

Etre partagé, pour faire que les initiatives exemplaires puissent en inspirerd'autres. Nous devons partager les bonnes pratiques pour en extraire des leçons, des modèles, des inspirations.

Etre opérationnel, pour faire de l'économie positive une réalité concrète et probante. Il est fondamental d'offrir des possibilités d'action, des feuilles de route pour appliquer cette vision aux grandes problématiques.

Etre universel, pour permettre à chacun d'en être l'un des agents. Nous devonsimpliquer le plus grand nombre, et notamment faire participer la jeune génération à la construction du monde que nous leur laisserons.

Etre diffusé, enfin, pour devenir le modèle de référence connu et reconnu.

Une autre économie est possible. Pérenne. Loyale. Altruiste.

Jacques Attali, économiste














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