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1 sept. 2010

Nous connaissons tous les failles de notre système. Aujourd'hui, un questionnement plus insidieux s'inscrit dans les esprits. Que faire? Que proposer comme alternative-s?

LES DELAISSES - BD D'AVRON - AOUT 2009

SIGNE DE RÉVOLTE SOCIALE?

LE SAMU SOCIAL DE PARIS A RECONDUIT LE 30 MARS 2010 SON MOUVEMENT DE GRÈVE. ALORS QUE LA DIRECTION DE CET ORGANISME SEMBLE BALAYER LE FONDS DU PROBLÈME EN ÉVOQUANT DES AUGMENTATIONS DE SALAIRE À SATISFAIRE ET LE PASSAGE EN CDI DE NOMBREUX SALARIÉS, LA PLUPART TOUJOURS EN CDD; LA MAJORITÉ DU PERSONNEL AFFICHE CERTES UN RAS LE BOL SUR LEURS PROPRES CONDITIONS DE TRAVAIL MAIS SURTOUT ILS POINTENT UN DOIGT ACCUSATEUR SUR LES CONDITIONS DE VIE DES GENS QU'ILS SONT CENSÉS AIDER.

EXEMPLES QUI FONT RÉFLÉCHIR À L'APPUI :

1/ DES CENTRES D'HÉBERGEMENT POUR SDF SONT SI INSALUBRES QUE DES AVIS DE DÉMOLITION DE CES IMMEUBLES SONT EN COURS DEPUIS DES LUSTRES.

2/ LES PERMANENTIERS SE SENTENT DÉMUNIS POUR RÉPONDRE AU MAL-ÊTRE PUISSANT DE BEAUCOUP, ET POURTANT, LA PASSION D'ÊTRE UTILES ET D'AGIR POUR UN LIEN SOCIAL NON AGONISANT SEMBLAIT FAIRE TENIR LA MAJORITÉ DE CES PROFESSIONNELS.

3/ AVEC DES PRIMES DE NUIT DE 97 CENTIMES DE L'HEURE, ET DES PRIMES DE DIMANCHE DE 3,5 EUROS, LEUR RAGE AU COEUR POUVAIT-ELLE PASSER SOUS SILENCE CES FAITS OBJECTIVEMENT CONSTATÉS?

CE QUI POURRAIT EXPLIQUER CET APPEL À LA RÉVOLTE, C'EST SANS DOUTE CETTE SENSATION DE MÉPRIS POUR TOUS, SALARIÉS COMME "ASSISTÉS CAR À BOUT".

MÉPRIS D'AUTANT PLUS PALPABLE QUAND LE CRI DE CES PRÉCAIRES SI AUTHENTIQUEMENT SOLIDAIRES DE TOUS CES PRÉCAIRES SERAIT RACHETÉ À COUP DE CDI ET DE 10% D'AUGMENTATION DE SALAIRE, SALAIRE SOUVENT ÉQUIVALENT AU SMIC.

L'ARGENT ET LE POUVOIR, LA COMPLEXITÉ DE NOTRE SYSTÈME ET LA MYRIADE ALORS INGÉRABLE DE NOS INSTITUTIONS SERAIENT-ELLES LES CAUSES DE CETTE RÉVOLTE QUI SOURDE ?

NOTRE PAYS EST-IL UNE BELLE DÉMOCRATIE, JUSTE ET N'AYANT PAS À ROUGIR D'ELLE-MÊME?
NOUS CONNAISSONS TOUS LES FAILLES CERTES DE NOTRE SYSTÈME. MAIS UN QUESTIONNEMENT PLUS INSIDIEUX S'INSCRIT AUJOURD'HUI DANS LES ESPRITS. QUE FAIRE? QUE PROPOSER COMME ALTERNATIVE-S?

UNE ÉNIÈME RÉFORME QUI N'AURAIT DE RÉFORMISTE QUE LE MOT? L'ABSTENTION AIDANT, LA SPHÈRE POLITIQUE NE SEMBLE PAS ÊTRE PLÉBISCITÉE À L'UNANIMITÉ : UN FRANÇAIS-E SUR DEUX SE SENTIRAIT ENTENDU-E.

UNE LARGE MAJORITÉ DE SALARIÉS, DE FONCTIONNAIRES, DE DIRIGEANTS D'ENTREPRISES VOIRE D'ÉLUS POLITIQUES SEMBLENT, SANS SE L'AVOUER, DÉPASSÉS, PARFOIS PERDUS, ASSURÉMENT DÉSORIENTÉS.

IL FAUDRAIT OSER DIRE.

REBONDS ET RÉACTIONS EN CHAÎNE SONT ATTENDUS PAR L'OPINION.

LA CERTITUDE VÉRIFIÉE AVEC LA SURVIE ÉCOLOGIQUE QUI MAINTENANT PRÉOCCUPE QUASI TOUS LES PAYS DU "ON EST TOUS DANS LE MÊME BATEAU" ET LE DÉNI DE LA RÉALITÉ DU "OUI, TOUT VA BIEN" POURRAIENT NOUS AMENER À UNE CATASTROPHE SOCIALE SANS RETOUR. 

PAS D'ALARMISME PRIMAIRE ICI.

JUSTE UN CONSTAT : LA POPULATION SEMBLE À BOUT ET OUI, NOUS SOMMES, DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT, TOUCHÉS PAR CE PHÉNOMÈNE SOCIÉTAL QUE L'ON POURRAIT NOMMER "DÉSHUMANISATION DE NOTRE SPHÈRE SOCIALE".

IL SEMBLE URGENT DE RÉFLÉCHIR ET D'AGIR POUR NE PAS RÉAGIR TROP TARD, BIEN TROP TARD.
ET PEUT-ÊTRE AUSSI, D'AVOIR LE COURAGE DE DÉNONCER L'HYPOCRISIE D'UN MODÈLE SOCIO-ÉCONOMIQUE DOMINANT OÙ UNE POIGNÉE DE GENS INFINIMENT RICHES AUTREMENT DÉNOMMÉS LOBBIES - UNE VINGTAINE DE FAMILLES, QUI SERAIENT DIT-ON D'ORIGINE NOBLE, ÉPARPILLÉES SUR NOTRE PLANÈTE - RÉGNE.

CAR, PAR VOIE DE CONSÉQUENCE, AUJOURD'HUI ENCORE, DU MOINS TANT QUE PERDURENT ET SONT ENTRETENUES DES VALEURS QUI NE SAVENT PLUS BIEN SERVIR LE COLLECTIF, CES LOBBIES AGIRAIENT EN COULISSES RELAYÉS PAR DES "PIONS CONTAMINÉS", NOS GOUVERNANTS ET AUTRES CASTES DITES DIRIGEANTES, TOUS PLUS OU MOINS CONSCIENTS DES TENANTS ET ABOUTISSANTS DE LEURS RÔLES ET/OU AYANT ENCORE TROP PEU DE LATITUDE D'ACTION POUR LEUR FAIRE RÉEL CONTRE-POIDS.

C'EST ICI L'HYPOCRISIE DONC D'UN POUVOIR QUI SE CROIRAIT SI FORT CAR POUVANT CROIRE À TORT QUE L'OPINION NE DIRA MOT ET SUBIRA ENCORE ET ENCORE.

OR PRESQUE PARTOUT, LES MÉDIAS ET LES ESPRITS SE FONT CHAQUE JOUR PLUS CRITIQUES, DES MINORITÉS PUISSANTES ET INFLUENTES ACCOMPAGNENT AUSSI CE MOUVEMENT SOCIAL QUI NE CESSE DE S'AMPLIFIER.

PENSER, ÉCRIRE, PARLER? SURTOUT AGIR. AGISSEZ.
UN GESTE SIMPLE ? FAITES CIRCULER CES INFORMATIONS.

OUI. OSEZ.






SUR LE TERRAIN

Samu social : La révolte des précaires parmi les précaires


Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 31/03/2010 | 19H51

Au 115, plus grand monde au bout du fil. Une bonne partie des 600 salariés du Samu social de Paris a entamé une grève ce matin à 6h, la première en seize ans d'existence. Au sein de l'institution créée par Xavier Emmanuelli pour venir en aide aux sans-abris, on n'en peut plus qu'« au nom de l'urgence tout soit possible » et demande à se conformer au code du travail.
Ils ont beaucoup réfléchi avant d'en arriver là, en ont parlé avec les « hébergés », qui parfois leur ont témoigné leur soutien. Ils ont mis du temps à fédérer leur mouvement, parti des permanenciers du 115, en révolte contre le projet de la direction d'enregistrer leurs appels. Après une première grève la semaine dernière, ceux des maraudes ont rejoint le mouvement, puis ceux qui travaillent dans les centres d'hébergement d'urgence, et au final, le conflit traverse les métiers, les statuts

Les revendications sont multiples, à l'instar des situations que nous ont décrites les grévistes, rassemblés devant le siège du Samu Social, dans un ancien hospice du 12e arrondissement de Paris.Certains ont accepté d'être filmés, d'autres ont demandé que leurs prénoms soient changés car la plupart sont en contrat à durée déterminée et ont peur de ne pas être reconduits. A chacun correspond un ras-le-bol particulier :
  • Amandine, infirmière dans une structure « lits halte soins santé » gagne 1490 euros bruts par mois « mais sans prime de risque, sans treizième mois ni l'équivalent d'un comité d'entreprise ». « Le problème, c'est qu'on est un groupement d'intérêt public (GIP), et du coup on n'est rattachés à aucune convention collective, moi je suis en CDD depuis deux ans, d'autres depuis quatre ou cinq ans. »
  • Irène, animatrice dans un centre d'hébergement de nuit, « un centre insalubre, sur lequel il y a un avis de démolition depuis des années, on fait grève aussi pour améliorer les conditions d'accueil des hébergés. Certes, on fait ce métier par passion, mais il faut pas exagérer. »
  • Sophie, a fait six ans d'études et est payée 1100 euros nets pour répondre aux appels d'urgence. Elle a beau trouver qu'« il y a de très beaux moments, c'est dommage de ne pas pouvoir s'imaginer rester là à long terme, à cause des carrières et de la précarité. »
  • Carole, permanencière a « l'impression de ne pas pouvoir orienter correctement les gens qui appellent : on doit gérer les tentatives de suicide, les travailleurs pauvres qui se font expulser, les cas psychiatriques … tout ça parce qu'on est gratuits, on arrive en début de chaîne au lieu d'arriver à la fin. Victimes de notre succès, on n'a pas les solutions à long terme, on n'a pas à gérer ce que les autres structures sociales n'arrivent pas à gérer parce qu'elles sont débordées. »
  • Emma, travailleuse sociale dans une équipe mobile d'aide (les maraudes), elle touche 1450 euros nets mais travaille 15 nuits et deux week-end par mois « avec des primes de nuit de 97 centimes de l'heure, et des primes de dimanche de 3,5 euros… C'est la passion qui me fait tenir. »
Ce soir, sur les dix-sept camions qui circulent habituellement dans Paris, il n'y en aura que cinq, et les grévistes assurent que seules quatre personnes au lieu de dix-huit répondront aux appels du 115.
Mais une partie des centres resteront ouverts, la directrice générale Stefania Parigi ayant fait appel à l'équipe d'encadrement et à des bénévoles pour assurer un « service minimum ».
Un des soucis de la directrice, est de ne pas être décisionnaire sur tout et de devoir en référer à de multiples tutelles, l'Etat, la mairie de Paris, Ddass notamment et des financeurs privés.

Des CDD jusqu'à six ans d'ancienneté

Stefania Parigi demande « du temps pour analyser la demande d'augmentation de 10% net sur les salaires qui sont en dessous de 2000 nets » :
« Au départ, les demandes étaient plus généralistes, désormais elles portent essentiellement sur les rémunérations. Je vais m'y pencher. »
Et concernant la précarité :
« On applique la loi qui nous autorise à proposer des CDD jusqu'à six ans d'ancienneté, et à ne pas proposer de prime de précarité, c'est la jurisprudence. Je suis prête à proposer des CDI à ceux qui le demandent, mais très peu l'on fait depuis le début du conflit le 10 mars. »
Les grévistes ont décidé mercredi soir en assemblée générale de reconduire le mouvement pour 24 heures, les premières propositions de la direction ne les ayant pas du tout satisfaits.
La directrice analyse ce mouvement comme « une crise de croissance, liée à l'angoisse sur l'après-2011, année où doit prendre fin le statut de groupement d'intérêt public (GIP) ».
 Mis à jour le 31/03 à 22h15 après l'annonce de la reconduction du mouvement.

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