No more words. Think. And do



No more words. Think. And do.

Etat des lieux 


Les multinationales et très grandes fortunes, qu'elles soient aux USA, au Qatar, en Suisse, en Chine, en Israël, en Russie, aux Emirats arabes unis, en Europe financent depuis 10, 15 ou 20 années tous les Etats dans le monde.

C’est peu su mais c’est ainsi. Les impôts ne servent qu’à financer - rembourser - uniquement que 7% des intérêts de la dette en France même si depuis ces intérêts ont été revus à la baisse jusqu'à être annulés. Notre PIB ne signifie rien. La France vit sur des pilotis très fragiles, prise en étau entre La Finance internationale qui gouverne tout et le peuple en colère. Difficile de trouver une issue dans ces conditions.

Alors, lorsqu'on nous parle de colonisation de l’univers par les géants de l'Intelligence Artificielle quand notre planète agonise et que l'humanité, que ce soit en démocratie ou en dictature, vit mal, se sent mal, est contrainte dans son quotidien ou pire, est en mode survie à cause des générations passées, cette lubie incroyablement coûteuse et financée à tort et à travers d'aller vivre sur Mars est juste un caprice de transhumanistes mégalomanes terrorisés par leurs propres morts.

Les populations sont dans la majeure partie des cas sous de telles contraintes - délibérément souhaitées et imposées afin qu’elles ne puissent pas réfléchir = avoir du temps disponible pour leurs cerveaux - qu’elles ignorent ce qui est, ce qui se passe et ce qui risque de se passer.

Il faut des éclaireurs qui alertent et calment ces fureurs. Certaines élites le font, comme Jacques Attali, Edgar Morin, Cynthia Fleury, Pierre Rabhi, mais le peuple ne les aime pas trop car ils les croient à tort complices du désastre socio-économique. Les déclics viendront de celles et ceux qui ont du temps pour informer pour de vrai puis fédérer.

Le pouvoir est dans les mains des multinationales et des banques, aux USA, en Russie, en Chine, au Qatar, et c’est quasi tout. L’Europe est un continent où il fait encore bon vivre mais elle vit sur des acquis qui bientôt s’effondreront, soit car devenant populiste, soit et c’est lié, car étant ruinée. Je suis hélas réaliste.

Ouvrons le débat

Cette vision catastrophique permet la discussion et vous y êtes tous conviés, chers lecteurs.

La dette lorsqu’elle est maîtrisée ne doit pas effrayer car elle a toujours existé et existera toujours car à la différence de l’être humain, l’Etat endetté est immortel et chaque génération hérite de la dette des générations précédentes.

Il y a de la bonne dette publique qui sert à faire beaucoup de bonnes choses comme par exemple les différentes aides sociales : si on les supprimait, le pourcentage d’enfants pauvres en France serait de 26%, en les maintenant, ce pourcentage descend à 7 %. Voilà l’utilité de l’Etat providence.

Il n’est pas astucieux de consacrer davantage d’impôts au remboursement de la dette même s’il est vrai qu’emprunter consiste à enrichir les prêteurs; le crédit maîtrisé permet cependant d’investir et de créer de l’activité et donc de l’emploi.

Ce qui est infiniment plus dangereux, ce n’est pas la dette publique maîtrisée mais la dette privée, celle des particuliers qui est fournie à la bonne fantaisie des banques, ce qui provoque des crises (1929, 2008). La dette privée dont on parle peu est très supérieure à la dette publique qu’on veut réduire sans discernement. France Culture a consacré l’essentiel de ses émissions il y deux semaines à ce sujet .

Mais au fait, s’agit-il vraiment de dette publique maîtrisée ? Pour beaucoup, il s'agit de kidnapping de nos pseudos démocraties - qui sont rappelons-le bien plus agréables à vivre que les dictatures partout ailleurs - par de féroces trésoreries privées internationales. Ces analyses ne sont pas populistes ou conspirationnistes mais juste lucides et hélas réalistes.

Petite anecdote, une de mes connaissances, un artisan bricoleur qui m’avait tant aidée et qui travaillait 18h/jour, peinait à payer son loyer HLM. Il m’a dit un jour : « Tu sais, Anne, j’ai vraiment compris maintenant qu’il y aura toujours les dits riches et les dits pauvres, dit autrement les dominants et les dominés, les gens ne peuvent rien faire, on subit, moi je compte sur toi pour qu’à ton petit niveau, tu nous défendes et dises la vérité. »

Ses mots m’avaient marquée. Évidemment. D’autres gens, nombreux et issus de toutes les CSP, religions ou ethnies, m’ont souvent confié leurs problèmes de survie économique ou de survie affective voire de survie sociale.

Isolement, pauvreté, précarité, détresse sont des combats que vivent énormément de gens. C’est tabou. Sur Facebook, il faut se montrer souriant sinon les « amis » nous fuient : le malheur dérange et fait peur.

On parle beaucoup aussi en RH en ce moment de l’injonction paradoxale du bonheur en entreprise qui se révèle un cauchemar pour tout le monde : à force de bonbons, de babyfoot et autres astuces absurdes, on espère que les salariés seront motivés et engagés donc productifs. Sic.

Les salariés veulent surtout une réorganisation totale des pyramides verticales et de leurs conséquences qui les impactent au quotidien : leur charge de travail va-t-elle diminuer ? L’ambiance au boulot va-t-elle enfin être bonne ? Leur paye va-t-elle augmenter ? Vont-ils avoir un chef exemplaire, ou digne de ce nom, qui les épaulent vraiment ? Non.


Les salariés et les gens ne sont pas idiots ni dupes

Et ils saturent. Et ils compensent. En faisant des crédits privés.

"Comment ? Monsieur Rodouau, vous vous êtes endetté sur 10 ans ? Et vous déprimez ? C’est de votre faute. Vous êtes seul responsable du système qui dysfonctionne depuis longtemps, depuis qu’il n’est plus au service de la masse. Allez, regardez donc cette émission de télé-réalité, vous pourrez compenser vos frustrations imposées à votre insu. Vous êtes intelligent,ne l’oubliez pas donc exprimez vos désaccords et votez ! Votez Le Pen ! Oui allez y ! Soyez enfin vous. Décomplexez vous, vous n’êtes pas raciste, juste une victime du système. Allez, n’hésitez pas."

Et hop ! Les Le Pen pourraient ainsi arriver au pouvoir en France.

Sauf que.

Sauf que les gens ont compris qu’on les prend pour des idiots depuis longtemps. Et qu’ils savent que les étrangers trinquent aussi, et parfois plus qu’eux, même si on leur rabâche qu’ils ont plus facilement des aides que les français. Ce n'est ni faux ni vrai. Raison garder et éviter les généralités : sur ce point, les français sont champions pour discerner l’info de l’intox. Ouf, l'extrême-droite est démasquée. Mais est-elle désamorcée ?

Alors, les pauvres, tous les pauvres, les français pauvres, les français d'origine étrangère pauvres, les étrangers pauvres, comment vous allez ?

Non, les extrêmes ne vous mentent pas. Non. Ils font pire.

Ils instrumentalisent vos détresses, ils surfent sur vos colères, ils divisent les pauvres entre eux afin de mieux les dominer, afin d'espérer un vain rassemblement en distillant haine, calomnie et méchanceté. Le terme "politiquement incorrect" est de fait utilisé à raison.

En ces temps incertains où la colère gronde, il devient crucial de ne pas culpabiliser ceux responsables de la dette privée et de lutter férocement contre ceux qui s’enrichissent sur le dos des Etats exsangues, du coup devenus esclaves des donateurs à fort intérêt.

Quoi faire du coup ? Quelles issues proposer ?

J’ai toujours privilégié les rapports gagnant gagnant car ils permettent d’éviter une plus grande division ou dispersion et car ils sont fédérateurs et porteurs de véritables solutions globales qui bénéficient au plus grand nombre. Une réflexion collective serait bienvenue. L'Etat providence se meurt d’où cet article déclic pour réagir et faire réagir afin de faire renaître et faire revivre ce fabuleux Etat providence qui est à l’agonie : il y a urgence.

Peut-on aujourd'hui proposer d’autres issues que l’Etat providence, si oui lesquelles ?

J’opposerais d’abord deux visions de géants capables - car disposant des technologies modernes et étant des puissances politique et financière - de changer le monde : la Chine et son totalitarisme doux, Amazon ou Google pour leur transhumanisme. L’Etat providence ne doit pas mourir, c’est la singularité de l’Europe : il est la troisième voie.

L’Etat providence est hélas peut-être devenu un pantin désarticulé et creux, ballotté sur les océans des diverses fortunes privées internationales.

Même Jacques Attali parle de gouvernants interchangeables et de l’urgence de repenser l’articulation entre le marché et le capitalisme comme de repenser l'articulation entre le capitalisme et la société. Il avait posté un tweet très courageux et audacieux qui résumait cette idée : je m’en suis beaucoup inspirée pour rédiger cet article.

Comment alors permettre la providence ? État ? Multinationales ? Communautés ? Territoires ? Identités ? Religions ? Mafias ? Entreprises ? Coopératives ?

La réponse ? Ce qui est le plus proche du principe de la neutralité.

Qualifier l’Etat providence en France de pantin désarticulé peut paraître contraire à la réalité, il fait actuellement l’objet de critiques - l’équilibre chômage/travail - et parfois d’attaques - les assurances privées aimeraient bien se substituer à la sécurité sociale qui, elle, est égalitaire -; et il serait judicieux et salvateur de cesser de cracher sur ce qui existe de bien et qui remplit sa fonction sociale, et ce, surtout quand l’activité économique du pays ou des individus est défaillante.

L’Etat providence est pour l’instant la meilleure issue qui permette notamment de corriger toutes les inégalités du mieux qu’il peut

Cependant j’alerte sur un point : l’Etat providence est sous perfusion depuis trop longtemps, c’est une vérité non dite, cachée, secrète, car si révélée au grand jour, l’opinion pourrait paniquer et donc réagir de façon telle que notre pays s'effondrerait.

Et ce, d’autant plus que tous les vautours privés ou publics alentours ne cherchent qu’une chose : avaler l’Etat providence, soit afin de faire payer beaucoup plus tout le monde dans une logique capitalistique inexorable et suicidaire, soit afin de tuer progressivement l'esprit critique et rebelle des citoyens en faisant sans cesse des raccourcis, des généralités, des amalgames sur tout et par là-même assassiner les nuances, la vérité, la complexité du monde et de la pensée qui n'ont jamais été binaires et ne le seront jamais.

Dit autrement, les vautours privés veulent soit devenir encore plus riches, toujours plus riches, soit les vautours populistes veulent tuer l'héritage singulier, et pourtant si envié partout dans le monde, de l'esprit français subtil, intelligent et nuancé; et sur le dos des Etats comme des citoyens.

Les deux grands problèmes résident dans cette prise en otage de l’Etat providence par les lobbies et les partis politiques qui se livrent une lutte fratricide sans pitié pour, soit l’abattre direct, soit le maintenir en vie coûte que coûte; mais jusqu’à quand ?

Il devient urgent de trouver qui ou quoi peut le restaurer et l’équilibrer : les entités les plus neutres seront les seules aptes à remplir cette mission essentielle pour nous tous. Dans cette bataille, le rapport de forces pourrait s’établir en faveur du plus grand nombre grâce à la raison et à la responsabilité citoyenne, c’est une attitude quotidienne, un vrai combat avec les mots et avec les actes.

Mais les obstacles sont nombreux. Soyons lucides :

. Les Etats sont devenus des entités qui subissent et qui tentent malgré tout de sauver les meubles en ayant une latitude d’action démocratique toujours plus mince


. Les citoyens sont souvent désemparés. Ou impuissants. Ou trop en colère. Ou trop manipulés. Ou trop contraints et fatigués pour avoir les idées claires, et plus encore pour être exemplaires au quotidien dans leurs mots et actes.


. Ce début du 21eme siècle est un tournant pour l’humanité. Entre l’intelligence artificielle qui veut et va tout bouleverser, les frustrations grandissantes de beaucoup, et de nouveaux faits sociétaux comme l’islam revendicatif, le terrorisme, le discrédit du monde politique aux yeux du plus grand nombre, la médiocratie de la société via la télé-réalité, les smartphones, les jeux vidéos ou la pornographie, la crise des migrants, l’économie en berne, les populismes qui montent en s’appuyant sur tous les faits précédents : la détresse et l’impuissance de beaucoup font que de nouvelles alternatives doivent émerger avec urgence sinon on risque des catastrophes qui impacteront tout le monde, nous, les jeunes, nos aînés, les générations futures.

Pistes de réflexion

C’est pourquoi je vous invite à visiter ce lien upfortheplanet.org et à réfléchir sur comment chacun.e d'entre nous peut contribuer à changer le monde à son niveau.

Peut-être qu'en changeant son monde intérieur, tout individu contribuera avec force à faire évoluer les mentalités dans le bon sens, le sens du bien vivre ensemble, pour soi comme pour nous tous.

C'est un cheminement parfois difficile qu'il convient d'accompagner : l'Etat, les territoires, les multinationales, les associations, les grandes fortunes doivent se mobiliser pour offrir cet accompagnement multi-vectoriels aux populations.


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