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12 déc. 2015

Le monde change : en 2015, l’éthique n’est plus un luxe, c’est une nécessité.



Le monde change : en 2015, l’éthique n’est plus un luxe, c’est une nécessité. 
L’éthique n’a pas la vie facile, elle est masquée par tout ce qui se prend pour elle. C’est par elle que tout croîtra ou périra.

Je vous livre du coup aujourd'hui l'intégralité du dernier bulletin réflexif daté de septembre 2015 mûri par l'incroyable québécois René Villemure, éthicien et visionnaire hors norme. 

Son analyse n'est pas que juste et ajustée, elle est aussi et surtout symbolique et symptomatique de notre époque.

René Villemure est Éthicien et Chasseur de tendances; il a fondé l’Institut québécois d’éthique appliquée en 1998, Éthikos en 2003, Éthikos-France en 2012 et "L'Éthique pour le conseil/BoardEthics" en 2014.

Visionnaire et innovateur, il invente dès 1998 les concepts de Diagnostic éthique©, de Modèle de gestion éthique© et signe la conception de la méthode Éthique et valeurs©.

En 2005, il est reconnu par la Chaire de management éthique des HEC-Montréal comme étant une des « 120 personnalités internationales » qui ont contribué au développement d’une éthique intégrale.

Depuis 2009, il enseigne la Gouvernance éthique au Collège des administrateurs de sociétés de l’Université Laval. Il offre également des séminaires éthiques à l’Institut Français des Administrateurs (IFA) à Paris.

En 2010, il est identifié par l’Observatoire des tendances comme étant l’un des « 200 éclaireurs du futur ». Il a eu l’honneur de signer la préface du plus récent livre du professeur Henry Mintzberg. 

Je vous laisse découvrir dès maintenant son analyse où chaque mot est "pesé" car comme il le dit si bien lui-même "nommer, c'est dire avec du sens".
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"La ligne entre l’éthique et le non-éthique, elle, n’a pourtant pas beaucoup bougé depuis une centaine d’années. Elle reste celle qui distingue le bien faire du mal faire.

Ce qui est différent est la facilité de rendre publiques certaines actions, avérées ou non d’une personne ou d’une entreprise ou, encore, de faire éclater au grand jour le fait que cette dernière n’agit pas selon les principes et les valeurs qu’elle s’est elle-même données.

Qu’ont en commun toutes les entreprises qui se sont fait prendre au terme de fautes éthiques? Elles ont en commun d’avoir un code ou une charte éthique, elles ont en commun d’avoir énoncé des valeurs, elles ont en commun la signature de traités qui bannissent certaines pratiques. Elles ont aussi en commun le fait d’avoir bafoué ces chartes et ententes au bénéfice de leur propre bien. À court terme.

Force est donc de constater que les codes et les chartes éthiques ne protègent pas des dirigeants sans foi ni loi qui ont décidé qu’une autre considération devait présider ou que l’éthique n’était qu’un élément de marketing ou, pire, que l’éthique n’était pas importante.

D’ailleurs, on remarque souvent que l’éthique, qui est un élément de la culture d’une entreprise, n’est confinée que dans quelques éléments de structure (les codes, chartes, traités et rapports annuels) et que ceux-ci sont impuissants devant une volonté de performance financière maximale à court terme. Pour obtenir l’éthique, il faut vouloir l’éthique.

Les entreprises prises en faute ont aussi en commun que, trop souvent, les « valeurs » contenues dans les guides et les codes n’ont que très rarement un contenu éthique. Par exemple, quelle est la composante éthique de « performance », d’ « innovation »? Aucune. Ces éléments n’ont aucun contenu éthique peuvent très bien s’appliquer à une organisation criminelle sans que l’on y puisse trouver quoi que ce soit à redire.

Les valeurs d’une entreprise devraient représenter les phares qui indiquent le chemin lors d’une prise de décision éthique. En pratique, comment prendre une décision éthique si les critères sont « performance » et « innovation »? Ces critères ne peuvent que nous mener à l’exemple du cas Volkswagen.

L’installation de capteurs sur les automobiles Volkswagen répondait aux critères de « performance » (celle des voitures et de la rentabilité de l’entreprise) et d’innovation (une telle fraude est, dans les faits, une innovation). Devant ces explications, il appert que ces critères ne permettaient pas de nécessairement prendre une décision éthique, que ces critères n’étaient, de toute manière, que destinés à faire joli. C’est ce que l’on appelle de l’éthique de vitrine, du toc, si l’on veut.

L’éthique de vitrine est une non-éthique. Elle est un mensonge destiné à faire croire que l’entreprise veut le bien alors qu’elle ne désire qu’une rentabilité maximale, à court terme, au détriment de qui que ce soit. Clients, consommateurs potentiels, employés. Bah, ce n’est pas important croient ces dirigeants.

L’éthique n’était pas importante, car les dirigeants ne croyaient pas se faire prendre.

Ce qui amène le questionnement suivant: Comment, en cette ère de transparence et de médias sociaux, peut-on croire qu’une telle supercherie pourrait durer?

Sur le plan éthique il est sage de savoir que l’on ne peut prendre avantage à court terme d’une relation à long terme, à moins de vouloir risquer de mettre celle-ci en péril. Dans le cas Volkswagen, il semblerait que la rente procurée par l’avantage à court terme était suffisante pour permettre aux administrateurs de Volkswagen de ne pas poser de questions ou, du moins, de ne pas poser les bonnes questions.

L’éthique est affaire de vigilance et de vision. La gestion éthique, lorsque bien comprise, suggère que l’on comprenne l’ensemble des enjeux reliés à une décision. L’éthique suppose que l’on appuie réellement nos décisions sur des valeurs fortes, ayant un contenu moral clair, que ces valeurs soient praticables et partagées. Sinon, c’est le mensonge et l’éthique de vitrine.

Les dirigeants d’entreprises devront, eux aussi, comprendre que le monde change. Que les consommateurs ou la société ne consentiront plus passivement à se laisser manipuler, à se faire mentir ou à se laisser exploiter collectivement au bénéfice de quelques-uns.

Au-delà des coûts de réparation, des amendes et des pénalités, la pire des sanctions pour Volkswagen pourrait bien être d’avoir perdu la confiance de l’ensemble de l’univers simplement pour avoir eu une ambition démesurée et avoir fait fi de l’éthique la plus élémentaire. La pire sanction pour un menteur est d’être découvert et de passer pour un menteur pour le reste de ses jours.

Outre les scandales financiers passés qui, bien qu’ayant touché des milliers de personnes, demeuraient quelque peu immatériels, le cas Volkswagen est différent : il touche des millions de clients qui avaient cru en l’entreprise, qui étaient fiers de consommer ses produits, des consommateurs potentiels ou, simplement, des observateurs du monde de l’automobile. Volkswagen marquera une nouvelle ère, c’est ce qu’elle voulait, mais elle le fera pour les mauvaises raisons. Au lieu de servir d’exemple, Volkswagen servira de mauvais exemple.

L’éthique est devenue un point de bascule.

L’éthique est dorénavant devenue le critère par lequel les entreprises seront jugées, le critère par lequel elle vivront, dureront ou périront.

Avant la commission d’une fraude, il y a toujours un dédain et un désintérêt pour l’éthique et pour les autres.

Ce dédain ne passe désormais plus inaperçu.

L’éthique n’est plus un luxe, c’est une nécessité.

N'oublions jamais non plus que l’ambition immodérée mène au pire."

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