Redonner au bonheur sa place

Gens - Odéon - Janvier 2014


Alors que la crise frappe, alors que le politis modéré ne mobilise plus, alors que beaucoup d'entre nous se sentent toujours plus contraints et plus démunis; savoir que le bonheur existe semble pure provocation. Et pourtant.

Jamais le bonheur ou la recherche du bonheur n'a fait autant parler de lui. Bonheur personnel et bonheur au travail deviennent des impératifs incontournables pour l'individu mais aussi pour le collectif, l'entreprise et le sociétal. 


Parmi les pionniers du bonheur au travail, Victor Waknine, Fondateur et Associé gérant du Cabinet Mozart Consulting, a créé l'IBET, l'Indice de bien-être au Travail, qui demeure plus que jamais d'actualité.


"Pour ce qui est du bonheur personnel, bien que notre humeur et notre bien-être soient en partie déterminés par des facteurs génétiques et culturels, les experts s'entendent pour dire qu'environ 40% de notre bonheur dépend entièrement de nous-mêmes. De vastes pans de la recherche autour de la psychologie positive ont démontré que le bonheur est choix que nous pouvons tous faire. Comme l'a dit le psychologue William James, "une des plus grandes découvertes de notre temps, c'est que l'humain peut changer sa vie en changeant son attitude face à celle-ci."

Pour plus d'informations, voici un article du Huffington Post éclairant et instructif à lire avec soin et distanciation : Le bonheur est un choix, en voici la preuve scientifique.

J'ai publié, et toujours gracieusement, sur ce blog plusieurs articles sur l'économie positive, concept-réalité qui me semble toujours aussi incontournable. J'ai découvert il y a peu La Fabrique Spinoza qui s'empare avec enthousiasme des mêmes objectifs.

Baruch Spinoza né le 24 novembre 1632 à Amsterdam, mort le 21 février 1677 à La Haye, est un philosophe hollandais dont la pensée eut une influence considérable sur ses contemporains et nombre de penseurs postérieurs. Issu d'une famille juive marrane portugaise ayant fui l'Inquisition, Spinoza fut un héritier critique du cartésianisme. Il prit ses distances vis-à-vis de toute pratique religieuse, mais non envers la réflexion théologique, grâce à ses nombreux contacts inter-religieux. Après sa mort, le spinozisme, condamné en tant que doctrine athée (puisque son panthéisme va à l'encontre d'une définition d'un Dieu transcendant, hors de ce monde, comme dans le christianisme, le judaïsme et l'islam), eut une influence durable. Gilles Deleuze le surnommait le « Prince des philosophes », tandis que Nietzsche le qualifiait de « précurseur », notamment en raison de son refus de la téléologie.

"L’essence même de l’homme est le désir d’être heureux, de bien-vivre, de bien agir" a dit 
Baruch Spinoza.

La Fabrique Spinoza s’est créée sur le double constat d’une part que le bonheur est une aspiration fondamentale, et malgré tout un sujet fréquemment relégué au second rang comme enjeu explicite de notre société (politique, entreprise, medias, citoyens), et d’autre part, qu’une science du bonheur se développe et explore les mécanismes de l’épanouissement humain, individuel et collectif. Celle-ci met d’ores et déjà à disposition, sans dogmatisme, des données susceptibles d’avoir un impact sociétal positif.




La mission de la Fabrique Spinoza est de redonner au bonheur sa place au cœur de notre société, qu’il soit un objet central, un objet scientifique, philosophique, démocratique, traversant et à impact positif.


Le bonheur serait alors un objet :

  • étudié, informé et approfondi : via la science du bonheur 
  • non dogmatique, débattu y compris de manière contradictoire : via une approche délibérative et philosophique 
  • traversant, démocratique et multi-acteurs : via la sensibilisation des citoyens, des corps intermédiaires, des entreprises et des politiques 
  • à impact positif : conduisant à un réenchantement des consciences, des politiques du bien-être, des organisations positives, et des actions citoyennes. 

L'objet de ce think tank est le bonheur mais il ne se met pas d’œillères quant à la souffrance humaine. Ils ne souhaitent pas être un think-tank angélique, ignorant des exclusions et de la grande précarité. Nombre d’institutions existent et agissent dans ce champ et eux-mêmes consacrent une partie de leurs réflexions à des populations en grande difficulté. Inspirés par la psychologie positive, leur élan se trouve plutôt dans une approche d’identification des forces et de leur développement, que dans des approches curatives.

Le bonheur est vu comme une aspiration et comme un catalyseur de changement. Tout débat sur le bonheur leur semble vertueux et vecteur de transformation positive. A lui seul, le débat est à même de lui redonner sa place et d’activer son potentiel positif auprès des différents acteurs.

Plus précisément, ce think tank cherche à activer le potentiel du bonheur en élaborant des réflexions sur l’épanouissement [produire], en faisant rayonner celles-ci [diffuser], en élargissant les horizons de conscience [sensibiliser], en formulant des propositions aux décideurs politiques et économiques [plaidoyer], en les outillant [accompagner], puis en mettant en œuvre des actions concrètes positives économiques ou sociétales [agir].

Le bonheur est considéré de manière globale, allant du sujet jusqu’au collectif. Cela les amène à utiliser à la fois des méthodes par enquête et délibératives, à prendre en compte les enjeux de bonheur individuel et de bien commun et enfin, à conjuguer approches centrées sur l’individu et sociologiques (place de l’homme en société, réflexion sur les inégalités, etc.)

Trois valeurs fondent leur approche du bonheur : la liberté, l’altruisme, la citoyenneté. Elles en sont à la fois des piliers et des garde-fous contre l’ignorance, l’égoïsme et la passivité.

Extrait
Lien source : http://fabriquespinoza.fr/presentation/notre-vision/

Valeur n°1 : la Liberté

« Les hommes se croient libres parce qu’ils sont conscients de leurs désirs mais ignorants des causes qui les déterminent. » - Baruch Spinoza

La liberté est essentielle au bonheur. Par liberté, nous entendons conscience éveillée, connaissance, et usage de la raison. Cette valeur nous incite à produire ou relayer de la connaissance afin d’accompagner la transformation positive des consciences. La Fabrique Spinoza vise à élever le niveau des connaissances qui favorisent le bonheur : plus je sais, plus je peux choisir en connaissance de cause, décider librement en exerçant ma raison. Pour nous cette liberté se traduit aussi par des débats contradictoires sur le bonheur et un refus de le normer. Elle est à la fois un pilier et un garde-fou du bonheur, et prévient les dangers de la confusion et de l’ignorance en répondant à la maxime « heureux les simples d’esprit ».


Valeur n°2 : l’Altruisme

« Par le commandement de la Raison, les hommes accomplissent nécessairement les actions qui sont bonnes pour la nature humaine, et donc pour chaque homme. » - Baruch Spinoza

L’altruisme est doublement vertueux en termes de bonheur, à la fois pour le bénéficiaire et pour l’émetteur. Nous cherchons à vivre cette valeur dans notre fonctionnement en souhaitant partager de manière ouverte l’intégralité de nos réflexions et contenus. L’altruisme est à la fois un pilier et un garde-fou du bonheur et répond à Flaubert « Être bête, égoïste et en bonne santé : voilà les trois conditions requises pour être heureux ».


Valeur n°3 : la Citoyenneté

« L’homme est un Dieu pour l’homme » - Baruch Spinoza

La citoyenneté est non seulement une valeur (dimension éthique) mais aussi une donnée sociologique centrale : le bonheur doit aussi se penser dans une dimension collective, au sein de laquelle chaque individu se révèle et agit. Par citoyenneté, nous entendons responsabilité, engagement et action. Le bonheur est à la fois aspiration et moteur ou catalyseur. Un engagement des citoyens est nécessaire pour œuvrer en sa faveur et l’activer. Cette valeur se traduit dans notre fonctionnement : les citoyens sont au cœur de la Fabrique (bureau, groupes de réflexion, donateurs, bénéficiaires). A la fois un pilier du bonheur et garde-fou, la citoyenneté fait écho à André Maurois « Le bonheur n’est jamais immobile ».

Lien source : http://fabriquespinoza.fr/


Comment atteindre le bonheur ? Je ne le répéterai jamais assez. 

Le fil conducteur reliant nos activités, nos pensées, nos désirs, notre affect, nos pulsions, tout notre être réside en un vecteur socle de longue haleine et qui est synonyme de bonheur : tendre vers la réconciliation entre "être" et "avoir" pour soi comme pour autrui. - Anne Verron

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