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11 févr. 2011

Le web a révolutionné les codes et les systèmes hiérarchisés créant un conflit générationnel jusque dans l'entreprise. Ici, une analyse utile qui donne des clés sur notre organisation du travail & ses dysfonctionnements souterrains offrant une guidance salutaire pour mieux comprendre, vivre et optimiser le monde de l'entreprise d'aujourd'hui et de demain.

2011 sera beau - Chez moi - Janvier 2011

LIFT11 : FAIRE COMPRENDRE EST PLUS IMPORTANT QU'INNOVER

Prise de note en direct de la conférence Lift 2011 à Genève.

La LIFT ( = ascenseur en anglais) travaille à identifier et anticiper les usages actuels et émergents des technologies numériques à travers la recherche, événements, publications et services.

Hubert Guillaud, rédacteur en chef d’InternetActu nous livre ses compte rendus en direct de Genève où se déroule la conférence Lift. 3 jours de conférences, ateliers et démos. Ses premiers billets sur le tumblr de la Fing, c’est ici ! Retrouvez les interventions sur le site http://liftconference.com/

Géopolitique post-numérique : résoudre le conflit générationnel

On a tous ressenti le choc qui parcourt la société en ce moment. C’est la 20e année du WWW cette année et, depuis sa naissance, il n’a cessé de causer une révolution qui a bouleversé la société créant un fossé entre les générations et modifiant les organisations, changeant le concept même de la civilisation. Ben Hammersley, éditeur à Wired UK et journaliste a souhaité apporter un contre-point à l’injonction à innover des précédents orateurs.

“Quand on voit la tête de Hosni Moubarak dans la presse ou à la télé, on voit bien qu’il à la tête de quelqu’un qui se demande : “mais que vient-il de se passer ?”” Il fait la même tête que bien des entrepreneurs de médias découvrant la puissance du web à l’heure où ils tentent encore de vendre du papier… Quels effets psychologiques a cette innovation sur les dirigeants du monde, les gens de plus de 50 ans, qui sont déstabilisés par ce présent ? Ce qui se passe ne pose aucun problème aux jeunes générations : ils vivent avec, ils font l’innovation d’aujourd’hui. C’est tout. Mais il est intéressant de remarquer que les gens qui parlent le plus d’innovation, c’est la génération tampon. “Notre génération” estime Ben Hammersley en s’adressant à la salle.

“Un pays est défini par la distance entre eux et nous. Nous sommes nous car nous sommes ici. Différentes langues, cultures, religions, formes de gouvernement… formaient autant de distances entre les gens. La distance c’est ce qui définissait ce que nous étions. C’est plus tard, par commodité qu’on a placé des lignes sur des cartes. Dans la société, on se situe aussi par les gens au-dessus et en-dessous de nous.Le système très hiérarchique semble inhérant à toute forme de civilisation. Au début du XXe siècle, Freud a codifié la société sur la base des relations hiérarchisées en nous donnant une explication et une boite à outil pour comprendre les systèmes. C’est resté le cadre intellectuel dominant du XXe siècle, de la post-modernité. Nous sommes jugés par des chiffres qui représentent ces fictions hiérarchiques. Tout ce juge sur des chiffres (notre économie, nos amitiés…).”

Autant dire que nous avons une mauvaise boite à outil cognitive, estime Hammersley. Le système hiérarchique de la génération des 50-60 ans était simple. Depuis 1989, la chute du mur et le développement d’internet, tout a changé. Les réseaux ont commencé à se former. En 1999-2000, les règles économiques ont censée avoir été réécrites. Depuis le 11 septembre, notre monde a même changé d’ennemi : un ennemi sans tête, protéiforme… en réseau. Les temps modernes sont déstabilisants, car tout a changé.

On est désormais dans la situation où toutes ces hiérarchies et leurs fondements sont en train de disparaître, comme le disait Don Tapscott. La “distance” qui nous a amené à créer des pays et des hiérarchies sociales n’ont plus aucun sens. On peut envoyer un e-mail partout dans le monde. On a créé des diasporas d’intérêt. La mort de la distance a créé de nouvelles formes de pays, fondés non plus sur la distance, mais sur la culture, les croyances, les principes, les relations… Nous avons plus de liens avec des gens qui ont les mêmes intérêts que nous dans le monde qu’on n’en a avec nos voisins voir avec notre famille. Il y a de nouvelles formes culturelles fondées sur des intérêts communs et il n’est pas si facile de tirer sur hastag.

“Il y a le monde des hiérarchies (le temps des pyramides) et les plus jeunes, qui vivent dans un monde de réseau, sans hiérarchie. Et nous sommes au milieu. Nous avons un travail difficile, car les gens qui ne sont pas nés à l’époque des hiérarchies ne les comprennent pas et les gens plus âgés, qui n’ont connues qu’elles, ont du mal à comprendre comment fonctionne un réseau (qu’ils essayent de faire cadrer avec des images mentales de hiérarchies le plus souvent). Les gens qui dirigent le monde actuellement, qui sont à Davos, qui conseillent Moubarak, “ne peuvent comprendre qu’ils ne peuvent pas comprendre ce qu’ils ne peuvent comprendre”. Ils n’ont pas le cadre intellectuel sur lequel baser cette nouvelle forme de pensée. Mais on ne peut pas se débarrasser de cette génération, qui forme la majorité de nos concitoyens… et qui tient les rênes.”

Que peut-on faire ? Quelle est notre mission ? s’interroge Hammersley. “Nous n’avons cessé de parler d’innovation, de technologie, de rupture… Mais ces mots ne nous ont pas aidé à convaincre, à faire comprendre de quoi nous parlions. Notre premier problème, n’est pas d’encourager l’innovation : les gens vont innover de toute façon. Notre premier problème est de traduire l’innovation entre ceux qui ne la comprennent pas et ceux qui la vivent sans la penser. Nous devons ouvrir le chemin pour que les plus jeunes puissent passer avec cette révolution. Notre premier problème n’est pas l’innovation, mais de la traduire pour que tous la comprennent. Demandons nous comment pouvons-nous expliquer à notre mère, à notre patron, ce que nous faisons… Expliquons leur. Traduisons leur. C’est cela qui est important. C’est en tout cas bien plus nécessaire que d’encourager les gens à innover.

Lien source: http://fing.tumblr.com/post/3083500024/lift11-faire-comprendre-est-plus-important

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