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18 janv. 2010

Le journal "Les Echos" donne la parole à de nombreux DRH qui, à l'unanimité, mettent en priorité numéro un la motivation des salariés qui chute, suite à la crise et aux mauvaises conditions de travail. Leurs plans d'actions pour la maintenir ou l'augmenter, garantes de leur CA aussi au final, sont encore par trop traditionnels mais bonne nouvelle, la prise de conscience de enfin "donner du sens" au travail commence réellement à poindre chez tous. A suivre.


Les priorités des DRH pour 2010

[ 12/01/10  Les Echos   ]

Il y a un an, les directeurs des ressources humaines privilégiaient les mesures ponctuelles pour résister à la crise. Le contexte a changé. Mais la visibilité fait toujours défaut et les dossiers affluent dans leurs bureaux.

Des priorités tous azimuts ! Début 2009, alors que la crise venait de frapper leurs entreprises, les DRH privilégiaient les mesures ponctuelles pour s'adapter : arrêts des embauches, non-renouvellement des contrats d'intérim, congés forcés, gel des salaires, chômage partiel… Aujourd'hui, ils fourbissent leurs armes en vue de l'après-crise. Mais l'exercice est délicat. Car, malgré des signes de reprise, la visibilité n'est toujours pas au rendez-vous, tandis que des dossiers brûlants s'empilent sur leurs bureaux. Déjà, le gouvernement a donné le « la » sur le stress, le handicap, l'égalité hommes-femmes ou les seniors. En 2010, de grands groupes, d'Alstom Transport à Rhodia, Bouygues Construction ou Sodexo, ont hissé les risques psycho-sociaux au rang de priorités. Mais, alors que se profile une réforme des retraites, leur agenda est aussi dicté par les lois. « La réforme de la formation professionnelle aura sans doute un impact. De même, nous n'avons pas vu tous les effets de la recomposition du paysage syndical suite à la loi du 20 août dernier », commente Sandra Enlart, directrice générale d'Entreprise & Personnel. Or, « quand le calendrier est imposé et que les conditions sont connues d'avance, le risque est de délaisser le fond, prévient Jean-Paul Bouchet, secrétaire général de la CFDT cadres. Pourtant, il faut revenir aux fondamentaux, recréer une proximité avec les équipes et redonner du sens au travail ». A l'heure où 59 % des salariés s'estiment « perdants » dans leur relation au travail, d'après un sondage TNS Sofres pour Altedia, « gare au zapping managérial ! », renchérit Max Matta, ancien DRH et fondateur de Wingers HR Strategy. « Sinon les gens perdront leurs repères. La priorité est de rassurer les équipes. »

Anticiper les risques à venir

Or c'est là que le bât blesse. Car des inconnues demeurent, notamment quant à l'emploi. En termes de recrutement, le mot d'ordre est la prudence. « Et nous avons peut-être encore des jours douloureux devant nous », poursuit Sandra Enlart. Pourtant, « il faut garder les salariés motivés pour le rebond », assure Gilles Verrier, directeur général du cabinet Identité RH. Ainsi, nombre de DRH se penchent sur l'engagement des équipes, repensent leur politique de rémunération et préservent leurs budgets de formation. A l'instar d'Orangina Schweppes France, qui consacre plus de 7 % de sa masse salariale à former ses 450 collaborateurs.
Chacun s'évertue aussi à tirer parti de réflexes acquis dans la tourmente. A l'instar de la société d'ingénierie Assystem, qui, brusquement contrainte de reconvertir 350 consultants automobile en spécialistes de l'énergie, continuera sur sa lancée en matière de mobilité. Autre constante, si la crise a eu des effets variés selon les entreprises, toutes ont été échaudées : chacune s'efforce désormais d'anticiper les risques à venir.
LAURANCE N'KAOUA ET MARIE-MADELEINE SÈVE, Les Echos

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